Avec la sécheresse qui frappe le bassin de la Garonne, le niveau du fleuve a fortement baissé, laissant apparaître des portions habituellement immergées. À Toulouse, certains habitants en profitent pour s’aventurer à pied dans le lit de la Garonne, une pratique qui soulève des interrogations sur sa légalité. Si la baignade y est strictement interdite depuis plusieurs décennies, les règles concernant la marche dans le fleuve restent beaucoup plus floues, alors que les autorités rappellent que le danger demeure bien réel.
Est-il autorisé de marcher dans la Garonne ? La question peut prêter à sourire, mais elle se pose bel et bien ces derniers jours à Toulouse. Avec la baisse spectaculaire du niveau du fleuve, certains secteurs sont désormais accessibles à pied, laissant apparaître des portions habituellement immergées.
En cause : un épisode de sécheresse qui continue de faire baisser le débit de la Garonne. Entre le barrage près du Bazacle et le pont des Catalans, certains en ont déjà profité pour s’aventurer sur les berges ou dans le lit du fleuve, parfois munis de leur canne à pêche. Mais que prévoit vraiment la réglementation sur cette pratique ?

La baignade est interdite depuis 1976
Concernant la baignade, la règle est claire. Elle est interdite dans la Garonne depuis un arrêté datant de 1976. « Il est interdit à toute personne de se baigner dans la Garonne », dispose ainsi l’article 2 du texte.
En revanche, pour ce qui est de marcher dans le lit du fleuve, la situation semble beaucoup moins claire. Avec un niveau d’eau aussi bas, cette pratique ne semble pas relever de la baignade et n’est donc pas directement encadrée par l’arrêté de 1976. Sollicitée sur ce point, la préfecture n’a pour le moment pas répondu à la question.

Une réglementation floue
Reste donc une zone d’ombre : les deux hommes aperçus dans le lit de la Garonne étaient-ils autorisés à s’y aventurer ? Si la réglementation sur la marche dans le fleuve apparaît floue, certains accès aux berges sont, eux, clairement interdits. Près du pont des Catalans, en direction des Ponts Jumeaux, un panneau précise ainsi « accès interdit ». Par ailleurs, le secteur reste marqué par d’importants travaux de rénovation et de modernisation du barrage, prévus jusqu’à fin septembre 2026.
« La situation apparaît exceptionnelle tant dans son intensité que dans sa précocité. Depuis début juillet, ce ne sont pas moins de 19 millions de m3 qui ont déjà été déstockés », écrivait l’Établissement public Garonne, organisme de gestion de l’eau, le 21 juillet dernier. Des lâchers d’eau sont, de ce fait, réalisés régulièrement pour soutenir le débit du fleuve. Si le cadre réglementaire reste incertain concernant la marche dans le lit de la Garonne, le danger, lui, est donc bien réel.
















