Le président des Maraudes des Anges, association toulousaine connue pour ses distributions aux sans-abri, est soupçonné d’avoir utilisé le nom de la structure pour obtenir près de 184 000 euros de marchandises auprès de 14 enseignes. Interpellé mercredi, l’homme de 41 ans a reconnu une grande partie des faits.
À l’hiver 2020, il arpentait les rues de Toulouse à la tête des Maraudes des Anges, distribuant des repas aux sans-abri sous le regard admiratif de Jean-Luc Moudenc. Ce jour-là, le maire de Toulouse avait lui-même enfilé le gilet blanc de l’association, subventionnée par la municipalité, et saluait son action auprès des personnes les plus précaires. Marc, le président de l’association, dirigeait la tournée.
Un peu moins de six ans plus tard, le nom de cet homme de 41 ans refait surface. Mercredi matin, il a été interpellé par les policiers au terme d’une enquête. Il a au moins récupéré frauduleusement 184 000 euros de marchandises. Devant les enquêteurs de la brigade financière rive gauche, il a tout reconnu.
Entre mars 2024 et avril 2026, le président des Maraudes des Anges aurait utilisé le nom et la réputation de son association pour ouvrir des comptes professionnels auprès de nombreuses enseignes. Le mécanisme, répété pendant deux ans, était relativement simple : se présenter comme le responsable d’une structure associative disposant de moyens importants, ouvrir un compte client avec un relevé d’identité bancaire, puis profiter de systèmes de paiement sur facture ou à trente jours pour multiplier les commandes avant que les commerçants ne découvrent l’impayé. La plainte d’une enseigne a mis les enquêteurs sur la piste d’un système qui aurait fait quatorze victimes. « Le préjudice pourrait encore évoluer si d’autres commerçants venaient à se manifester », précise une source proche de l’enquête.
Les achats ne semblent pourtant avoir que marginalement bénéficié aux maraudes. Une partie des marchandises, notamment du mobilier, de l’électroménager ou des cartes cadeaux, aurait été remise à des membres de sa famille. D’autres biens auraient été revendus. Selon les enquêteurs, une sorte de loterie aurait même servi à écouler une partie des produits et à récupérer de l’argent liquide.
Une grande partie de ces sommes aurait finalement été engloutie dans les jeux d’argent. L’homme aurait reconnu une forte addiction, notamment au poker, pratiqué dans des casinos ou en ligne. Au moment de son interpellation, il ne resterait pratiquement rien des quelque 184 000 euros concernés par le dossier.
L’enquête a également conduit plusieurs membres de son entourage en garde à vue. Face aux policiers, le quadragénaire aurait finalement reconnu les faits et largement déchargé sa famille de toute responsabilité.
Son interpellation aura pourtant été longtemps retardée. Convoqué à plusieurs reprises, le président de l’association se serait beaucoup déplacé, notamment en Savoie où il séjournait chez des proches. Les enquêteurs le soupçonnent également d’avoir produit de faux certificats médicaux pour justifier certaines absences et éviter de se présenter. Des changements d’avocat auraient encore contribué à repousser les échéances. Des faits de faux et usage de faux sont ainsi également examinés.
Marc est déjà connu de la justice notamment pour des faits d’escroquerie. Déféré ce vendredi matin, il doit être jugé au début de l’année prochaine.












