À Bourg-Saint-Bernard, le projet de centrale photovoltaïque flottante sur le lac du Dagour est toujours d’actualité au vu de l’affichage du permis de construire sur les berges. Portée par EDF Renouvelables, l’installation suscite toutefois des débats autour de son impact environnemental et de l’avenir de cette retenue d’eau du Lauragais.
Sans nouvelles du projet, certains le pensaient abandonné. Il n’en est rien, au contraire, l’implantation d’une centrale photovoltaïque flottante sur le lac du Dagour, à Bourg-Saint-Bernard, franchit même une nouvelle étape. Le panneau de permis de construire vient de faire son apparition sur les berges. Le dossier avance donc, mais continue de diviser. Portée par l’Association Foncière de Remembrement (AFR) de la commune avec l’accompagnement d’EDF Renouvelables, cette future installation suscite toujours des réserves chez plusieurs acteurs locaux, qui craignent une transformation du site.
Prévu sur 27% du plan d’eau, le projet prévoit la mise en place de panneaux solaires flottants sur environ 7,2 hectares. Présentée par ses promoteurs comme une réponse aux enjeux de transition énergétique, cette centrale pourrait produire une électricité locale d’une puissance estimée à 8,1 MWc, soit l’équivalent de la consommation annuelle de près de 4 700 habitants.
Mais au-delà de la seule production d’énergie, c’est aussi l’avenir de la retenue d’eau qui est au cœur des discussions. Créé dans les années 1980 pour répondre aux besoins d’irrigation des exploitations agricoles, le lac du Dagour joue aujourd’hui un rôle essentiel dans le fonctionnement agricole du secteur.
Une retenue agricole qui cherche de nouvelles ressources
Situé sur les communes de Bourg-Saint-Bernard, Lanta, Prunet et Saussens, le lac permet actuellement d’irriguer environ 400 hectares de cultures répartis sur dix communes. Sa gestion repose sur l’AFR, qui assure l’entretien des équipements nécessaires au fonctionnement de cette retenue.
C’est dans ce contexte que le projet photovoltaïque a été imaginé. Pour l’AFR et EDF Renouvelables, l’installation doit permettre de diversifier les ressources financières liées au lac afin d’accompagner les travaux de maintenance et de modernisation indispensables au fil des années.
Les porteurs du projet mettent également en avant l’objectif énergétique. La centrale contribuerait au développement des énergies renouvelables dans le Lauragais, territoire qui ambitionne d’augmenter sa production locale d’électricité renouvelable dans les prochaines années.
Sur le plan technique, EDF Renouvelables assure que l’aménagement ne prévoit pas de recouvrir les berges ni de bétonner le fond du lac. Les panneaux seraient installés sur des structures flottantes fixées par un système d’ancrage.
Les opposants dénoncent un projet jugé incompatible avec le site
Si le projet avance sur le plan administratif, il reste loin de faire l’unanimité. L’association Les Lacs du Lauragais continue de faire entendre ses réserves et appelle à la vigilance concernant l’impact de cette installation sur l’environnement et les usages du lac.
Le collectif rappelle qu’il n’est pas opposé au développement des énergies renouvelables, mais estime que certains espaces doivent être préservés. L’association indique vouloir défendre « une transition écologique qui concilie production d’énergie, préservation de la biodiversité et protection de la ressource en eau ».
Ses membres s’inquiètent notamment des conséquences possibles pour les activités pratiquées autour du lac, comme la pêche, la randonnée ou les loisirs sportifs. Ils questionnent également le caractère inédit du projet, présenté comme une première en France sur une retenue créée par un barrage sur un cours d’eau.
Pour l’association, les choix réalisés à Bourg-Saint-Bernard pourraient dépasser le cadre local et servir de référence pour d’autres projets similaires. Le dossier devrait donc continuer à alimenter les échanges dans les prochains mois, entre les défenseurs d’une nouvelle production énergétique, qui pourrait donc être lancée courant 2027, et ceux qui souhaitent préserver l’équilibre actuel du lac du Dagour.


















