À Montpellier, un bâtiment inédit prend forme près de la gare Saint-Roch. Baptisée “la Toupie”, cette future construction de 19 mètres de haut accueillera un tiers-lieu où se côtoieront des bureaux partagés, un café et des espaces collectifs. Conçu sans climatisation, ce projet, inscrit dans les “Folies architecturales du XXIe siècle”, doit être livré en mai 2027.
Une “folie” de plus. À quelques pas de la gare Saint-Roch, dans le secteur en pleine mutation du Nouveau Saint-Roch, une construction pas comme les autres prend forme. Baptisée “la Toupie“, cette future adresse mêlera espaces de travail, lieu ouvert au public et initiatives collectives. Le bâtiment entend proposer une nouvelle manière d’occuper la ville, entre activité économique, échanges avec les habitants et transition écologique.
Installé sur la place Dalida, en contrebas de la gare, le projet s’inscrit dans le programme des “Folies architecturales du XXIe siècle” lancé par la Ville de Montpellier. Sélectionnée dans ce cadre, la Toupie devait initialement trouver sa place près du Corum avant d’être réorientée vers le quartier Saint-Roch. Elle vient aujourd’hui investir une parcelle jusqu’ici inexploitée, à l’entrée de la ZAC.
Derrière cette réalisation se trouve un groupement de six PME montpelliéraines : Teritéo, la Strada, coloco, Studio Jaouen, agatte et TLA Architectes. Réunissant des compétences dans l’architecture, l’urbanisme, le paysage ou encore l’accompagnement des transitions territoriales, ces entreprises portent directement le projet, financé à hauteur de 4 millions d’euros.
Un tiers-lieu entre bureaux, café et espaces partagés
Si son apparence architecturale attire déjà l’attention, la vocation de la Toupie dépasse celle d’un simple immeuble de bureaux. Le futur bâtiment a été pensé comme un tiers-lieu, avec plusieurs fonctions destinées à favoriser les rencontres et les collaborations.
Au rez-de-chaussée, un café doit ouvrir ses portes aux habitants et usagers du quartier. Les niveaux intermédiaires accueilleront des espaces de travail partagés, tandis que le dernier étage sera consacré aux réunions, aux formations et aux activités collectives. Une terrasse en toiture, d’environ 100 m², complétera l’aménagement.
Au total, près de 45 personnes pourraient travailler quotidiennement dans ce nouvel équipement, qui sera géré selon les principes de l’économie sociale et solidaire. La Ville de Montpellier voit dans ce projet un nouvel élément de transformation du quartier Saint-Roch. « Ce projet participe au rééquilibrage de la ville et avec sa diversité des usages permettra demain aux habitants de dire leur fierté d’habiter le quartier de la gare », indique Laurent Nison, adjoint au maire chargé de l’Urbanisme durable.
Un bâtiment conçu pour ne pas recourir à la climatisation
Au-delà de ses usages multiples, la Toupie se distingue par ses choix de conception environnementale. Le bâtiment a été imaginé pour fonctionner sans climatisation, en s’appuyant sur des solutions destinées à limiter les effets des fortes chaleurs.
Pour y parvenir, les concepteurs (TLA Architectes) misent sur une structure associant bois et béton. Le premier matériau doit contribuer à réduire l’impact carbone de la construction, tandis que le second permettra d’apporter une meilleure inertie thermique. L’ensemble sera complété par une isolation en paille, une ventilation double flux reliée au réseau de chaleur de la Ville et des protections solaires extérieures.
Le projet doit également composer avec l’histoire du lieu. Sur la parcelle, un mur datant du XVIIe siècle, longtemps maintenu par des étais, sera conservé et intégré au bâtiment. Une décision prise après l’avis de l’architecte des Bâtiments de France, qui impose de préserver ce témoignage du passé au sein d’une construction résolument contemporaine.
Alors que le chantier se poursuit, la Toupie doit achever sa transformation d’ici mai 2027. Elle viendra alors compléter les nouveaux aménagements du secteur Saint-Roch.


















