À Toulouse, l’homme soupçonné d’avoir agressé trois policiers municipaux au couteau à huîtres a été hospitalisé en unité psychiatrique. Il aurait crié « Allahou akbar » lors de son interpellation, selon des témoins.
L’homme soupçonné d’avoir agressé à l’arme blanche des policiers municipaux à Toulouse a été hospitalisé en unité psychiatrique, où son état a été jugé incompatible avec son maintien en garde à vue, a-t-on appris mardi auprès du parquet et des enquêteurs.
Les causes de cette incompatibilité relèvent du secret médical, a déclaré le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, selon lequel l’assaillant n’a pas été formellement identifié à ce stade, dans l’attente des résultats « de recherches au niveau international, l’intéressé étant a priori étranger ».
Une enquête pour « tentatives de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique » a été confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Toulouse, après l’agression de trois policiers municipaux, dont deux ont été blessés à l’arme blanche, lundi soir à Toulouse, et l’interpellation de l’auteur des faits, a ajouté le procureur dans un courriel à l’AFP.
Un profil « déséquilibré », « soumis à des addictions »
L’assaillant était porteur de trois armes blanches dont un couteau à huîtres dont il s’est servi pour agresser les trois policiers municipaux, a précisé David Charmatz. Il était légèrement alcoolisé et des analyses toxicologiques sont en cours, a-t-il poursuivi.
« On a affaire à un déséquilibré, très fragile psychologiquement, soumis à des addictions » qui se trouvait en « crise, lorsqu’il s’en est pris à une patrouille de policiers municipaux », a déclaré à l’AFP une source proche de l’enquête, selon laquelle l’homme est inconnu du fichier national des empreintes digitales.
À partir des prélèvements et des investigations à l’international, les enquêteurs s’attacheront à rechercher ses « antécédents et ses motivations, l’intéressé ayant tenu des propos faisant référence à une idéologie terroriste, qu’il convient de vérifier avant d’envisager un dessaisissement au profit du PNAT » (parquet antiterroriste), a conclu le procureur.
Selon le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, des « propos à caractère terroriste ont été signalés » pendant l’interpellation. Interrogé par l’AFP, son adjoint à la Sécurité Emilion Esnault, qui a recueilli le témoignage d’une policière agressée et le rapport de la police municipale, « Allahou akbar » a été crié « à plusieurs reprises » par l’agresseur.
« Pas loin du drame »
Sa garde à vue a été levée mais il reste hospitalisé en unité psychiatrique et il sera à nouveau placé en garde à vue dès que son état sera compatible, a-t-on précisé de source proche de l’enquête, selon laquelle les investigations se poursuivent.
Un équipage de trois policiers municipaux, dont deux femmes, a été pris à partie par cet homme « très agité », muni d’une arme ressemblant à un couteau à huîtres, lundi soir dans une rue du centre de Toulouse, a relaté Emilion Esnault.
Les policiers sortis de leur véhicule sont parvenus à le désarmer une première fois mais il était détenteur de deux autres couteaux, blessant deux agents aux bras et au cou, avant d’être maîtrisé à l’aide d’un aérosol de gaz lacrymogène, a ajouté l’adjoint au maire.
« On n’est pas passé loin du drame », a-t-il estimé, rendant hommage au « sang-froid » et à la « grande maîtrise technique » des trois policiers municipaux qui « n’ont pas fait usage de leur arme létale ».
Hospitalisés lundi soir au CHU de Toulouse-Rangueil, deux d’entre eux, un homme et une femme, ont pu sortir de l’hôpital, après la prise en charge de leurs blessures légères, selon cette source proche de l’enquête
















