Le café La Gazelle, dans le quartier des Minimes, traverse une période difficile. Fermé administrativement pendant 90 jours après des constatations liées à un trafic de stupéfiants et à la vente de cigarettes de contrebande, l’établissement a rouvert mais son gérant affirme avoir perdu environ 500 000 € de chiffre d’affaires. Il déplore également le refus de renouvellement de sa terrasse et a saisi le tribunal pour contester cette décision.
« Le café La Gazelle fait depuis plus de cinquante ans le bonheur du quartier des Minimes, notamment celui des gens âgés et isolés qui, dès 6 h 30 du matin, y trouvent réconfort et sourire, assortis d’un petit noir à 1 € jusqu’à 9 heures », s’empresse de dire Akim, barman. Ce bar de quartier, réputé pour ses prix bas, a connu en février des déboires aboutissant à une fermeture administrative de 90 jours par les services de la police nationale.
Cette mesure a été prise à l’issue d’une opération de police menée le 17 février 2026, « liée à un trafic de stupéfiants et à la vente de cigarettes de contrebande au sein de l’établissement et à ses abords immédiats », détaille le gérant Kader Ouarrag, aux manettes de la Gazelle depuis huit ans. « On m’a menotté en public, emmené au poste, interrogé puis relâché, m’informant que le café serait fermé durant 90 jours afin que les dealers disparaissent, précise Kader. Pour le moment, ça fonctionne. Ils ne sont pas revenus. »
Malgré tout, Kader peine à comprendre son arrestation, comparable selon ses mots à celle « d’un truand » : « Je n’ai rien fait. Dans ce café, les clients sont divers. Je n’ai jamais vu dans cet établissement un consommateur faire du trafic. Alors ? Tout le monde sait qu’une partie du quartier des Minimes est gangrenée par les trafics. Nous l’avons signalé plusieurs fois à la Ville. Une caméra a été installée près du café durant quelques mois. Puis elle a été ôtée et tout a repris ».
Chute du chiffre d’affaires et terrasse enlevée
Kader poursuit : « Avec cette fermeture, j’ai perdu environ 500 000 € de chiffre d’affaires et ma demande de renouvellement de terrasse n’a pas été validée par la Ville », déplore-t-il.
D’après l’arrêté municipal, « un établissement peut se voir refuser l’occupation du domaine public pour des motifs liés à des troubles à l’ordre public, à la tranquillité publique ou pour tous autres motifs d’intérêt général ». Une décision « sans lien avec l’autorisation de terrasse accordée les années précédentes » : « Aucune autorisation antérieure ne fait naître un droit acquis à son renouvellement : l’autorité municipale doit apprécier, à chaque nouvelle demande, la compatibilité de l’occupation sollicitée avec les exigences d’intérêt général. Or l’établissement a fait l’objet par arrêté préfectoral d’une fermeture administrative de trois mois à partir du 17 avril 2026 », précise la Ville.
« J’ai dû licencier un salarié et je redoute la suite », déplore Kader. Désormais, les clients de La Gazelle s’assoient sur le trottoir pour boire leur café ou griller leur cigarette. Pour contester le non-renouvellement de terrasse, une pétition a été lancée par des clients : « On espère que cela va s’arranger, avoue Kader. J’ai porté l’affaire devant le tribunal. Aujourd’hui les bars de quartier se font de plus en plus rares et sans terrasse, un café peine à tenir. »












