La petite commune de Salies-du-Salat dans le Comminges enregistre l’installation illégale de 150 familles de gens du voyage sur son stade et un terrain privé ce week-end. Pour encadrer cette arrivée augmentant de 40 % la population locale, la maire Sabine Bastianelli ne s’est pas démontée. Elle a formalisé une convention prévoyant le paiement forfaitaire de l’eau et de l’électricité par ces citoyens français itinérants. Quand leur passage pose parfois problème dans certaines communes, ce dispositif inédit mérite d’être salué, on vous explique.
L’été venu, les installations sans autorisation de groupes de gens du voyage sur des terrains privés ou communaux ravivent régulièrement les tensions dans les territoires ruraux.
Lorsque plusieurs dizaines de caravanes s’installent sans accord préalable, les communes se retrouvent souvent confrontées à une situation difficile à gérer : sécurisation des lieux, accès à l’eau et à l’électricité, gestion des déchets, remise en état des terrains et, parfois, dégradations ou conflits avec les riverains.
150 familles sur place
En cette fin de semaine, deux groupes distincts de gens du voyage, à destination de Lourdes, se sont installés à Salies-du-Salat : les uns sur un terrain au quartier du Bout du Pont, les autres sur le stade de foot. Au total près de 150 familles, ce qui augmente notablement le nombre d’habitants d’une petite commune de près de 1 700 âmes.
Pour les élus locaux, ces occupations sont d’autant plus délicates qu’elles interviennent dans un contexte où les solutions d’accueil restent parfois insuffisantes.
C’est ce que précisent les gens du voyage installés : « Il faut voir ce qu’on appelle aires aménagées pour des gens qui voyagent comme nous » lance un témoin ! D’ailleurs « on devrait plutôt dire ce qu’il reste des aires, car dans certains cas, c’est limite inadmissible ! Sans parler des emplacements de ces aires : à côté des déchetteries, des autoroutes, des stations d’épuration »… Rien qui donne envie de s’y arrêter.
« Ce qu’on voit ici, à Salies – l’herbe sèche du pré où nous sommes stationnés – c’est un vert pâturage à côté de ce qu’on nous propose habituellement. Et en plus nous sommes bien accueillis ».
Une habitude désormais formalisée
Voilà une bonne raison pour ces familles d’opter pour une étape salisienne, « une habitude prise déjà pendant les mandats précédents, qui perdure d’année en année », indique le maire, Sabine Bastianelli.
Et pour tordre le cou à de vieilles idées reçues qui circulent régulièrement, non tout n’est pas « gratuit pour eux » ! Sabine Bastianelli explique : Les familles s’acquittent auprès de la police municipale d’une somme couvrant les frais d’eau et d’électricité. Ceci se déroule dans le cadre du service qui régit les emplacements lors des marchés, fêtes foraines, etc… »
Ce point de fonctionnement a même été formalisé, puisque cette année, la maire de la commune a établi une convention d’utilisation.

Un équilibre parfois difficile
Le paradoxe est déjà ancien, mais il est tenace. D’un côté, les communes souhaitent faire respecter le droit de propriété et éviter les occupations sans autorisation; de l’autre, les familles qui peuvent rencontrer des difficultés pour trouver des emplacements adaptés et disponibles.
La loi impose aux communes de plus de 5 000 habitants de figurer au schéma départemental d’accueil des gens du voyage. C’est lui qui organise concrètement la création et la gestion des aires d’accueil.
Au-delà des tensions ponctuelles, l’équation à résoudre tient dans l’équilibre entre le respect des règles, la tranquillité des habitants et la possibilité pour les gens du voyage de disposer d’aires d’accueil dignes et suffisamment nombreuses.
Un enjeu qui dépasse largement le cadre d’une seule commune et appelle une réponse coordonnée à l’échelle intercommunale et départementale.













