L’Occitanie n’est pas une région que l’on se contente de traverser. Entre les cols pyrénéens qui frôlent les 2 000 mètres, les gorges des Causses taillées à la verticale dans le calcaire et la corniche méditerranéenne de la Côte Vermeille, certaines routes de la région comptent parmi les plus spectaculaires de France. Voici quatre itinéraires à mettre en haut de sa liste.
La D918 au col du Tourmalet : le toit des Pyrénées
C’est sans doute la route de montagne la plus emblématique de la région, puisque le col du Tourmalet culmine à 2 115 mètres d’altitude dans les Hautes-Pyrénées, ce qui en fait le plus haut col routier du massif pyrénéen français. La D918 y monte depuis deux versants : côté ouest, on s’élance depuis Luz-Saint-Sauveur sur près de 19 kilomètres de lacets, avec des vues qui s’ouvrent sur la vallée du Pays Toy à mesure que l’on gagne en altitude ; côté est, le départ se fait depuis Sainte-Marie-de-Campan en passant par le village thermal de Barèges, à 1 250 mètres.
Au sommet, le panorama sur la vallée du Bastan à l’ouest et la vallée de Gripp à l’est coupe littéralement le souffle, d’autant que le Pic du Midi de Bigorre s’impose comme un décor monumental juste en face. Le Tourmalet, c’est aussi une histoire cycliste hors du commun : le Tour de France l’a franchi plus de 80 fois depuis 1910, ce qui en fait le col le plus emprunté par la Grande Boucle. La route reste accessible de mai-juin à novembre selon les conditions météo.
La Corniche des Cévennes (D9) : une route royale au-dessus des vallées
La Corniche des Cévennes ne ressemble à aucune autre route d’Occitanie, car elle ne descend jamais dans les vallées qu’elle surplombe. Sur 50 kilomètres, la D9 relie Florac à Saint-Jean-du-Gard en filant en crête, dominant à la fois la vallée Française au nord et la vallée Borgne au sud. L’itinéraire est ancien : il s’agit de l’ancienne route royale construite sur ordre du roi pour surveiller les mouvements de troupes lors de la guerre des Camisards, ce qui lui confère une densité historique que l’on ne trouve pas souvent sur une route départementale.
Aujourd’hui, ce sont les panoramas qui font la réputation de la Corniche. Le point le plus élevé se situe au col des Faïsses, à 1 018 mètres, et les belvédères s’enchaînent tout au long du parcours : au col Saint-Pierre, une table d’orientation permet d’observer les reliefs cévenols dans leur profondeur, et au village de Le Pompidou, un point de vue très prisé des photographes ouvre sur les pentes boisées. Par temps clair, la Méditerranée est visible au loin depuis les crêtes. La Corniche traverse le Parc national des Cévennes, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, dans un cadre préservé de châtaigneraies et de villages de pierre.
Les gorges du Tarn (D907 bis) : le plus grand canyon d’Europe
Les gorges du Tarn ne sont pas simplement belles : elles sont démesurées. Sur 53 kilomètres entre Quézac et Le Rozier, le Tarn a creusé dans les causses calcaires un canyon dont les falaises atteignent par endroits 600 mètres de hauteur. La D907 bis longe la rivière au fond du canyon, avec des parois qui filtrent la lumière selon les heures de la journée et donnent à l’eau une teinte émeraude particulièrement saisissante.
Les belvédères les plus spectaculaires ne se trouvent pas en bas, mais en hauteur : le Point Sublime, sur le causse de Sauveterre, et le Roc des Hourtous, sur le causse Méjean, offrent chacun une vue plongeante sur les gorges, avec les vautours qui planent dans les courants ascendants. En contrebas, la halte s’impose à Sainte-Enimie, classée parmi les plus beaux villages de France, avant de poursuivre jusqu’au château de la Caze du XVe siècle dont les tours se reflètent dans le Tarn. Une précision pratique : la route se sature en juillet-août, et c’est au printemps ou à l’automne qu’elle révèle tout son caractère, dans une tranquillité que l’été ne permet pas.
La D914, corniche de la Côte Vermeille : la Méditerranée à pic
La Côte Vermeille offre le cadre le plus contrasté de ces quatre routes, puisque la D914 longe la Méditerranée sur une quarantaine de kilomètres entre Argelès-sur-Mer et Cerbère, à la frontière espagnole, en s’accrochant aux falaises qui plongent dans la mer. D’un côté, le bleu profond et des criques accessibles uniquement à pied ou par bateau ; de l’autre, des vignobles en terrasse plantés à même la roche, qui produisent notamment le Banyuls, vin doux naturel emblématique des Pyrénées-Orientales.
La halte incontournable est Collioure, village de pêcheurs au château royal posé au bord de l’eau, qui a inspiré Matisse et Derain au début du XXe siècle. Puis vient Banyuls-sur-Mer, dernière grande étape avant la frontière espagnole, avec ses fonds marins classés en réserve naturelle. Cette route se parcourt idéalement au printemps ou en début d’automne, lorsque la lumière est plus douce et que chaque virage mérite qu’on coupe le moteur.
Ces quatre routes sont accessibles en moins de quatre heures depuis Toulouse, ce qui laisse le temps d’un week-end complet sur chacune. Autant ne pas attendre davantage pour prendre le volant.












