TEMOIGNAGE. Le 29 juillet dernier, la vie de Dominique Morel bascule brutalement à Toulouse. Un projet de déménagement annulé à la dernière minute avait fait basculer la vie de Dominique Morel. Sans domicile fixe depuis le 29 juin, cet ancien chef cuisinier et chroniqueur gastronomique de 70 ans lançait, fin juillet, un appel au secours. Deux semaines plus tard, le septuagénaire a enfin retrouvé un toit. Une issue provisoire, en attendant son déménagement dans un studio en septembre. Il nous raconte son calvaire.
« J’ai 70 ans et je me retrouve à la rue ». Cette phrase, Dominique Morel la prononçait avec tristesse lors de notre première rencontre le 29 juillet dernier. À ce moment-là, cet ancien chef cuisinier et chroniqueur gastronomique était sans logement depuis un mois, à la suite d’un déménagement annulé à la dernière minute. Après avoir dépensé sa retraite dans des nuits d’hôtel, puis une hospitalisation de quelques jours, Dominique se retrouvait à la rue.
De longues nuits sur le parking de la gare
Depuis, l’ancien restaurateur a vécu plusieurs nuits dehors, sur le parking de la gare Matabiau. « Les Restos du Cœur faisaient des maraudes, ils m’ont soutenu, je les remercie », confie-t-il. Malgré cette aide, la vie dans la rue est difficile pour le septuagénaire. « Avec la chaleur, c’était terrible, je ne respirais pas, j’avais du mal à parler ». À deux reprises, des malaises l’ont conduit à l’hôpital de Rangueuil. Une expérience dont il garde un souvenir amer. « Ils ont vraiment été désagréables avec moi. Ce n’est pas parce que l’on se trouve dans une situation délicate que l’on ne doit pas être traité correctement », rapporte l’homme.
Pendant ce temps, une personne touchée par son histoire lui propose une chambre. « Elle m’a demandé de lui laisser deux jours, le temps qu’elle s’organise pour m’accueillir, mais ensuite, je n’ai plus jamais eu de nouvelles. » Quelques jours plus tard, ce sont finalement des amis de Dominique, installés à Muret, qui découvrent sa situation. « Je ne leur avais rien dit. Ils m’ont accueilli chez eux quelques nuits, avant que le 115 (le numéro pour bénéficier d’un logement d’urgence, ndlr) me propose une solution. Ils ont vraiment été adorables », raconte l’ancien chef cuisinier.
« Le 115 a fait un super boulot »
Aujourd’hui, Dominique Morel a retrouvé le sourire. L’homme ne passe plus ses nuits dehors depuis qu’une place lui a été attribuée dans un centre d’hébergement d’urgence, le 12 août dernier. « Le 115 a fait un super boulot, je suis toujours tombé sur des personnes gentilles. » Une solution qui lui permet de bénéficier d’un toit, en attendant son déménagement dans un studio, prévu le 15 septembre prochain.
Désormais, le septuagénaire peut à nouveau se projeter. « J’ai déjà programmé mon déménagement, mais aussi mes prochaines vidéos de cuisine que je publie sur Facebook. J’aime beaucoup faire ça, cela me permet de garder, en quelque sorte, un pied dans le métier ».
Malgré les épreuves traversées, Dominique conserve une philosophie qui l’a aidé à tenir. « Ma devise a toujours été : ‘en avant tu ne tomberas pas plus bas’. Dans ce genre de situation, il ne faut surtout pas se laisser emporter par la déprime, sinon on ne s’en sort pas. Même si cela n’a pas été facile », conclut-il.















