SÉRIE « FAN DE… » Sur le quai de la gare, personne ne remarque cet homme au rituel obsessionnel. Elyasse vient de boucler le tour complet du réseau ferroviaire d’Occitanie, poussé par un déclic né au sortir du confinement. En un an, il a parcouru près de 45 000 kilomètres en train, sans prendre le TGV. Une passion née dans l’enfance, renforcée après le confinement, qu’il espère un jour retrouver dans son métier. Il nous raconte.
Pour Elyasse, le train est bien plus qu’un moyen de transport. En un an, il a parcouru près de 45 000 kilomètres, soit environ la longueur de l’équateur, en restant en France et sans prendre le TGV. « Honnêtement, je ne saurais pas trop dire » comment est née cette passion, confie-t-il. Il se souvient toutefois avoir beaucoup pris le train lorsqu’il était enfant entre Marseille et Toulon, un trajet qu’il décrit comme offrant « un panorama magnifique » avec « des trains très confortables ». « Depuis, c’est resté et je ne peux plus l’abandonner. »

Le véritable déclic arrive après le confinement. « Le confinement, ça a été dur. C’était rester à la maison sans trop rien faire. » Un jour, il décide de partir à Nice en train. « Puis une semaine après, je l’ai refait. Et puis chaque semaine, je l’ai refait. Et je prends le train encore. »
Voyager pour découvrir le réseau ferroviaire
Cet étudiant d’une prestigieuse école de Toulouse se distingue aussi par sa manière de vivre cette passion. « Dans le monde des passionnés de train, il y a vraiment deux types : ceux qui sont à l’intérieur et ceux qui sont à l’extérieur. » Lui préfère voyager plutôt que photographier les trains au bord des voies. « Je suis plutôt à voyager dans le train, à prendre du bon temps et à m’intéresser vraiment aux caractéristiques, aux gares, aux infrastructures, aux lignes, aux ouvrages d’art et à tout ce qui est à côté. » Cette curiosité ne s’arrête jamais. « On apprend tous les jours parce que les horaires changent, les circulations changent, les matériaux changent beaucoup. Il y a toujours des nouvelles lignes, des nouveaux débats. »
Parmi tous ses voyages, il garde une affection particulière pour les lignes de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. « C’est la Provence, les Alpes, la Côte d’Azur, ce sont les meilleurs panoramas. » En Occitanie, il cite également la ligne de l’Ariège vers Ax-les-Thermes et Latour-de-Carol, ainsi que l’Aubrac, qu’il décrit comme « un très beau train » reliant Béziers à la Lozère. Son rythme est simple : « Généralement, je fais une grosse journée par semaine » consacrée au train. Cette régularité lui a permis d’atteindre un objectif dont il est fier : « J’ai découvert tous les kilomètres de rail en Occitanie », autrement dit, il a emprunté toutes les lignes ferroviaires de la région ouvertes aux voyageurs.
S’il ne devait choisir qu’un dernier voyage, ce serait à bord d’un train Corail. « C’est vraiment le train qui a bercé mon enfance et dans lequel j’ai énormément voyagé. » À ceux qui affirment que les trains sont toujours en retard, Elyasse répond par les chiffres. « En France, on a quand même neuf trains sur dix à l’heure », rappelle-t-il.
Cette passion pourrait un jour devenir son métier. Son objectif est de travailler « dans les transports ou à la SNCF ». Mais il garde une réserve : « J’aime bien que ma passion reste une passion parce que si ma passion devient vraiment mon quotidien de front, j’ai peur d’être déçu. »











