L’association générale étudiante de Midi-Pyrénées (Agemp) publie, à chaque rentrée universitaire, son indicateur du coût de la rentrée. Dans un contexte de hausses généralisées, un étudiant non boursier doit en moyenne débourser plus de 3 000 euros pour faire face aux dépenses de sa rentrée : loyer, dépôt de garantie, frais d’agence, inscription, CVEC, matériel pédagogique, alimentation, transports. Le témoignage d’Ambroise, étudiante en sciences du sport à l’Université de Toulouse qui doit sortir près de 2 000 euros une semaine après avoir repris les cours. Elle mène de front ses études et travaille à côté pour payer les factures.
« À Toulouse, une étudiante ou un étudiant non boursier doit réunir 3 036 euros pour faire face aux dépenses de sa rentrée. Loyer, dépôt de garantie, frais d’agence, inscription, CVEC, matériel pédagogique, alimentation, transports : en quelques semaines, plusieurs milliers d’euros doivent être avancés. Cette somme n’est pas qu’un indicateur économique. Elle est le reflet de la prise en charge des jeunes au sein de notre société. Elle dit qu’avant même de savoir si l’on réussira ses études, il faut pouvoir se permettre de les commencer ».
Près de 129 000 étudiants à Toulouse
Et ce n’est que le début de l’année universitaire car s’ajouteront par la suite les dépenses courantes. C’est le dernier constat de l’indicateur du coût de la rentrée de l’Association générale étudiante de Midi-Pyrénées (Agemp), fédération regroupant les associations étudiantes de l’académie de Toulouse, qui concerne près de 129 000 étudiants à Toulouse. À l’heure où tout augmente, les étudiants ne seront pas épargnés.
Ambroise, âgée de 19 ans, étudiante en sciences du sport (Staps) à l’Université de Toulouse (ex-Paul Sabatier), est une lutteuse de haut niveau, également réserviste de l’armée, a vu ses frais de rentrée exploser : elle doit sortir plus de 2 000 euros en frais divers : « Mon loyer de 560 euros, les frais d’inscription à la fac de 300 euros, ma carte Tisséo, un trop-perçu à la CAF, etc. », se désole-t-elle.
« Je dépense entre 35 et 40 euros par semaine pour manger »
Cette année, elle double sa première année de licence et doit valider à nouveau son premier semestre. « Je ne l’ai pas eu à cause de mon emploi du temps », explique Ambroise qui ne peut pas être boursière « à cause du revenu de mes parents qui est juste au-dessus du barème ». « L’an passé, je suivais mes cours, mes entraînements sportifs, j’étais aussi barmaid, agent de sécurité et réserviste à l’armée, je crois que c’est à cause de tout ça que je redouble ». Comme des milliers d’étudiants, les dépenses courantes se sont également envolées. « L’année dernière, je dépensais en moyenne 25 euros par semaine pour manger, cette année, c’est plutôt 35 ou 40 euros. Et je ne compte pas les produits d’hygiène qui sont très chers. »
Moins de 200 euros par mois
D’après le constat de l’Agemp, à Toulouse, « le loyer moyen atteint 544,29 euros charges comprises, auquel s’ajoutent l’alimentation, les transports, la téléphonie, la santé, l’hygiène et les loisirs ». Et de compléter : « Ces dépenses sont d’autant plus lourdes qu’elles s’inscrivent dans un contexte où près de la moitié des étudiants disposent de moins de 200 euros par mois une fois leur loyer payé. Quand l’essentiel du budget est déjà consacré à se loger et à se nourrir, le moindre imprévu devient un problème et chaque dépense doit être arbitrée ».
« Le retrait des mesures dangereuses xénophobes… qui touchent les étudiants extracommunautaires »
L’Agemp réclame enfin « le retrait immédiat des mesures dangereuses, xénophobes et incohérentes qui touchent les étudiants extracommunautaires ». Ces derniers devront débourser en moyenne 6 844 euros, les boursiers, eux, vont devoir s’acquitter de 2 763 euros. Les temps ont changé. « Jusqu’à présent, note l’enquête, les universités disposaient encore d’un levier essentiel pour limiter l’impact des frais différenciés : l’exonération. À Toulouse, comme ailleurs, les établissements ont largement utilisé cette alternative pour permettre à des étudiants extracommunautaires de poursuivre leurs études sans supporter ces droits exorbitants. Mais cette protection est aujourd’hui remise en cause ».


















