Le contournement de Mende revient au cœur des débats sur la RN 88. Le maire demande à l’État de préciser ses engagements, alors que la récente concertation publique a fait émerger de nouvelles réserves sur le coût et les impacts du projet.
Le contournement de Mende est revenu dans l’actualité à l’occasion de la visite du président de la République en Lozère, la semaine dernière. Le maire de la préfecture, Patrice Saint-Léger, a profité de ce déplacement pour remettre à Emmanuel Macron un courrier consacré à la RN 88. Il y demande à l’État de confirmer la priorité donnée au projet et surtout de préciser la manière dont celui-ci pourrait désormais avancer.
La Municipalité souhaite notamment qu’un calendrier soit établi, depuis les études jusqu’à la réalisation des travaux, en passant par la concertation et la recherche des financements. Une demande qui intervient alors que l’État vient justement de soumettre plusieurs options à la concertation publique sur la section de RN 88 comprise entre l’A75 et Barjac. Celle-ci s’est déroulée du 1er juin au 12 juillet derniers.
Une réponse aux difficultés de circulation ?
Pour la Ville de Mende, l’enjeu est d’abord celui de la circulation quotidienne. Une partie du trafic de transit passe actuellement par l’avenue Foch, le boulevard Britexte et les voies qui entourent le centre-ville. Le principe d’un itinéraire permettant de détourner ces véhicules de la zone urbaine est donc défendu par la Municipalité comme un moyen d’améliorer les conditions de circulation dans la préfecture.
Le projet s’inscrit toutefois dans un débat qui dépasse largement les limites de Mende. Quatre scénarios sont étudiés pour améliorer la liaison entre l’A75 et Barjac. Leurs caractéristiques et leurs coûts diffèrent fortement : l’option la plus ambitieuse pourrait représenter jusqu’à 425 millions d’euros, tandis que des solutions reposant davantage sur l’aménagement de la route existante sont également envisagées.
Cette différence d’ampleur alimente les réserves exprimées par les opposants au projet, comme l’association “Non à la 2e autoroute”. Le coût de l’opération, les effets sur les paysages et l’environnement, mais aussi le gain réel attendu sur les temps de parcours figurent parmi les principaux points de discussion. Ces interrogations ne sont d’ailleurs pas limitées aux associations opposées aux nouveaux tracés : elles apparaissent également dans les contributions recueillies durant la concertation publique, dont le bilan a été rendu public le 20 août.
Plus de 30 ans après les premières promesses
Derrière cette nouvelle étape, le dossier reste marqué par une longue histoire. En 1993, l’État avait fait de la RN 88 une priorité nationale et fixé l’objectif d’un aménagement progressif à 2×2 voies. Depuis, plusieurs opérations ont été réalisées, sans que la transformation de l’ensemble de l’axe n’aboutisse.
Le débat actuel porte donc autant sur l’opportunité de poursuivre l’aménagement que sur le choix de la solution. La concertation doit permettre à l’État de prendre en compte les arguments favorables comme les objections avant de décider des suites à donner au projet. Le calendrier présenté prévoit ensuite des études approfondies entre 2027 et 2029, avant les enquêtes publiques et les travaux, envisagés à partir de 2030.
De son côté, Patrice Saint-Léger continue de réclamer un engagement clair de l’État. Dans son courrier, le maire de Mende affirme que « la Lozère mérite un désenclavement réel, durable et financé. La RN 88 doit cesser d’être unsymbole d’abandon pour devenir un axe de développement, de sécurité et de fierté ».













