C’est une belle histoire, comme on aime en lire. Celle d’Antonio, 58 ans, précaire depuis deux ans, qui vit dans la rue. À Auterive, où il enchaîne les petits boulots, il aime juste dire « bonjour » aux gens devant le Carrefour Express. D’abord méfiante, la gérante tisse un lien et lui propose un emploi lorsqu’une place se libère dans son magasin. La mairie d’Auterive lui a trouvé un logement et un téléphone. La suite, il est en train de l’écrire.
Il y a des rencontres qui ne doivent rien au hasard. Celle entre Antonio Da Silva et Laëtitia Faïs, gérante du Carrefour Express d’Auterive, a commencé dans des circonstances inattendues.
Pendant deux jours, Antonio attend devant le commerce, avec pour seul bagage une serviette. Des passants lui donnent quelques pièces, à boire ou à manger. Une situation qui inquiète d’abord Laëtitia, déjà confrontée à des personnes faisant la manche aux abords de son établissement.
« Comme j’avais déjà eu de mauvaises expériences avec des personnes qui buvaient de l’alcool, je lui ai demandé de partir », raconte-t-elle.
Antonio refuse et la gendarmerie intervient. Mais les échanges permettent de comprendre qu’il ne sollicite pas les clients. « Il se contentait de dire bonjour aux gens. De fil en aiguille, nous avons alors décidé de lui venir en aide. Le côté humain a pris le dessus », poursuit-elle.
« Je travaillais sur les marchés, je lavais des voitures »
Pour Antonio, cette rencontre intervient après près de deux ans de précarité. Il vit dans la rue et enchaîne les petits boulots pour survivre. « C’était très compliqué de trouver à la fois un travail stable et un logement. Je travaillais sur les marchés, je lavais des voitures ou je faisais des déménagements », explique-t-il.
Une place se libère alors au Carrefour Express et, le 24 août dernier, Laëtitia Faïs lui propose de rejoindre son équipe. La mairie d’Auterive lui trouve un hébergement et lui fournit un téléphone. Depuis, l’homme de 58 ans s’investit pleinement. « Il se démène et apprend très vite », souligne sa patronne. Un mois d’essai lui a été proposé. « C’est maintenant à moi de tout faire pour qu’elle me garde. Je ne vais pas gâcher cette chance », assure Antonio.
« Il ne faut pas désespérer, tout le monde peut s’en sortir »
Son parcours, il souhaite en faire un message d’espoir : « Il y a des gens qui sont là pour vous aider, alors il ne faut pas désespérer. Tout le monde peut s’en sortir. Je remercie vraiment la mairie d’Auterive, Laëtitia et son conjoint pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. »
Cette histoire illustre la force des solidarités locales et montre que le commerce de proximité peut aussi être un lieu de rencontre, d’entraide et d’insertion. Pour Antonio, cette porte ouverte pourrait bien être celle d’un nouveau départ.














