Le collectif de riverains du quartier Barrière de Paris, à Toulouse, s’inquiète de l’avancée de la densification de cette zone qui accueillera en 2028 cinq nouvelles stations de métro de la ligne C et, à terme, 1 200 logements de plus. Une arrivée de nouvelles constructions qui pousse les habitants à demander plus de végétalisation, notamment avec l’intensification des canicules à l’avenir. De son côté, la mairie affirme avoir programmé de nouveaux espaces verts et se veut rassurante.
Habitat, canicule et espaces verts… Une thématique d’actualité pour le quartier Minimes-Barrière de Paris, l’un des plus densément peuplés de Toulouse, notamment dans sa partie sud (100 habitants à l’hectare, contre 40 en moyenne à Toulouse). « Aujourd’hui, il accueille plus de 40 000 habitants », rappelle Serge Baggi, président du collectif de riverains Minimes-Barrière de Paris.
Un quartier historique, mélange de maisons individuelles et de collectifs qui, en 2028, dans le cadre de la 3e ligne de métro, va accueillir cinq nouvelles stations (Boulevard de Suisse, Fondeyre, Toulouse Lautrec, Raisin, Ponts Jumeaux, La Vache). Ce qui évidemment soumet le quartier à une vaste densification. « On craint l’image dortoir, liée à l’absence d’espaces verts et d’équipements collectifs. Un sujet problématique notamment avec la hausse des températures », poursuit le représentant associatif.
Nécessité d’espaces verts et préservation des Toulousaines
Dans ce quartier où l’esprit village perdure, les projets immobiliers se multiplient. « Une situation normale pour un quartier qui évolue, estime Serge Baggi. Il faut bien loger les nouveaux arrivants. Mais dans quelles conditions ? Là sont nos inquiétudes ». Et de citer entre autres le programme d’ampleur de Kauffman & Broad sur l’ancien site du concessionnaire automobiles avenue des États-Unis et la construction de 1 200 logements « le début de l’iceberg », constate Serge Baggi. L’urbanisme a déjà dans les cartons pas loin d’une dizaine de zones à restructurer comme les zones de Peugeot ou Citroën ». Et d’énumérer près de la Poste, la construction de 350 logements, avenue de Fronton, etc. Avec bien sûr à la clé, des problèmes de circulation, même si le bus express Linéo 10 vient d’être inauguré ». Une inquiétude renforcée par les épisodes successifs de canicule. Et de citer la Cité Bourbaki aux Minimes restée après rénovation une véritable bouilloire thermique.
« Or, dans la plupart des nouveaux immeubles, ce bâti très chaud, insupportable en été, est présent. On vous répond bien sûr que la climatisation est là mais on sait tous que celle-ci refroidit l’intérieur et réchauffe l’extérieur, participant allègrement au réchauffement climatique. Face à ce constat, la nécessité de grands espaces verts est devenue indispensable ». À l’exemple de l’écoquartier de La Salade qui, en 2013, a obtenu 100 logements au lieu des 400 prévus avec la moitié de l’espace en zone verte continue et ce grâce à la mobilisation de ses habitants.
« Un exemple à suivre, estime Alain Soulard, co-président du collectif. En fait, sur ces programmes, il faut 50 % d’espaces verts et la préservation des Toulousaines. Ces habitats, trop souvent soumis à la démolition, sont de véritables îlots de fraîcheur entourés bien souvent de biodiversité et de coulées vertes en bas d’immeubles ». Et de conclure « Quelles sont les mesures prises ou envisagées par la Ville sur ce quartier pour s’adapter au dérèglement climatique dont les canicules ».
La Ville s’engage sur la végétalisation
Interpellée, la Mairie de Toulouse se dit pleinement engagée sur les enjeux de végétalisation et de lutte contre les îlots de chaleur. « L’arrivée de la ligne C du métro prévue en 2028 et l’évolution urbaine du secteur s’inscrivent dans les actions engagées par la collectivité en faveur du cadre de vie. Plusieurs opérations de végétalisation et d’imperméabilisation ont d’ailleurs été réalisées ces dernières années : l’achèvement du parc de la Salade avec la plantation de plusieurs centaines d’arbres, la végétalisation du parvis de l’école maternelle Lucie Aubrac ou encore la déminéralisation et végétalisation de l’esplanade du collège Toulouse-Lautrec », répond le Capitole.
Avant d’ajouter que de nouveaux espaces ont aussi vu le jour : jardins du Prat Long le long du canal latéral et jardin des Capucins. « Ces réalisations vont se poursuivre dans le cadre des réflexions urbaines liées à la ligne C : comme la végétalisation de l’aménagement des futurs parvis des stations via avec un large espace réservé aux plantations. De plus, le renouvellement des quartiers desservis prend en compte la recherche de nouveaux espaces verts partout où cela est possible. Une rencontre est d’ailleurs prévue avec les habitants pour présenter les diverses orientations. Enfin, rappelons que l’arrivée de la ligne C va permettre une vraie alternative à l’usage de l’automobile, contribuant ainsi à la réduction des nuisances du trafic et aux facteurs favorisant la chaleur en ville », insiste la mairie de Toulouse.












