137 000 euros, de l’argent liquide qui intrigue
Toujours précise, Dominique Coquizart s’intéresse désormais à une voiture, une Citroën C4 saisi lors de l’arrestation du suspect à Launaguet, au nord de Toulouse, en mars 2022; Dans une cache, entre les sièges, 137 000 euros en liquide et plusieurs montres évaluées à 45 000 euros. « Sur cette somme, environ 45 000 euros m’appartenait. Pour les montres, je devais les faire passer discrètement aux acheteurs. »
Badreddine Abbou ne se montre gère précis. Les montres de luxe serviraient de blanchiment dans le narcotrafic selon les services de police. Mohamed Zerrouki est accusé d’avoir eu un coffre avec plusieurs montres, au Maroc. « Jamais eu de coffre, ni de montre. J’aimerais bien. Cela tient du fantasme », a affirmé le « boss » hier lors de sa longue audition.
Confronté aux photos de sa maison qui parait bien confortable, à Rotterdam, Badreddine Abbou réfute tout blanchiment. Exceptée la saisie lors de son arrestation, l’enquête n’a pas permis d’identifier des sommes liés aux activités illicites de l’accusé. Ses relevés bancaires des banques hollandaise ne sont jamais parvenus au cabinet du juge d’instruction toulousain. Un mystère non élucidé.
S’il ne nie pas grand-chose, Badreddine Abbou reste quand même flou sur les quantités finalement livrés à Toulouse, aux Izards ou ailleurs. « Dans ces conversations, on voit que vous êtes très indépendant ». « Cela a toujours été le cas », confirme l’accusé. Selon lui, sur les trois importations évoquées dans les écoutes, aucune n’est allée au bout. Quelques centaines de milliers d’euros ont même été perdus. « Ces pertes, c’était pour moi », affirme ce père de famille dont la mère, et l’épouse, assistent, silencieuses, aux débats. »
Les questions évoluent vers le cannabis. Et sur 300 kilos arrivés à Toulouse en avril 2020, malgré le confinement. Depuis le Maroc, les « sarafs » ces banquiers occultent qui permettent les échanges discrets de centaines de milliers d’euros. Zerrouki et Abbou s’inquiètent du prix, « faut faire vite autrement à 5000 euros le kilo, on n’y arrivera pas ! »
Bateau ou avion, l’art de s’adapter…
Toujours à l’aise, placide, l’accusé ne réfute rien. Une conversation de novembre 2020 évoque un projet d’acheminement vers KLM Cargo, en passant par le Canada. « Dans un bar, un copain m’a présenté un type qui m’a évoqué cette possibilité », confirme l’accusé.
S’il ne lie pas grand-chose, Badreddine Abbou reste quand même flou sur les quantités finalement livrés à Toulouse, aux Izards ou ailleurs. « Dans ces conversations, on voit que vous êtes très indépendant ». « Cela a toujours été le cas », confirme l’accusé. Selon lui, sur les trois importations évoquées dans les écoutes, aucune n’est allée au bout. Quelques centaines de milliers d’euros ont même été perdus. « Ces pertes, c’état pour moi », affirme ce père de famille dont la mère, et l’épouse, assistent, silencieuses, aux débats.
Depuis le Brésil, un projet d’importation de 100 kg de cocaïne !
La présidente veut entrer dans les détails. Elle s’appuie sur une conversation de mars 2020, « période du confinement ». Les choses deviennent beaucoup plus sérieuses. « Cette fois, vous évoquez une cargaison de 100 kg de cocaïne », prévient Dominique Coquizart. difficultés en soucis, la cargaison n’arrive pas. « En mai, vous avez des états d’âme. Vous dites : depuis 5 ans, je vis avec la peur au ventre… »
« Oui j’étais dans ce projet. Je l’avoue, répond l’accusé. Mais ces 100 kg, c’est tombé à l’eau ». Au propre ou au figuré ? On ne sait pas. Selon Badreddine Abbou, qui raconte ces tentatives d’importation comme un dîner entre amis, tout aurait commencé dans un bar. « Un mec se trouvait avec un ami. On a discuté et voilà. Au bout d’un moment, il m’a dit que la charge minimale, c’était 100 kg. «
Si cette grosse importatoin semble avoir échoué, dans les comptes de Mohamed Zerrouki, et de Badreddine Abbou, la police a bien trouvé la trace de 100 kg de cocaïne. Une marchandise qui aurait permis, après 350 000 eurosd ‘investissment, de dégager un million d’euros de bénéfice !
« Avec les Izards, cela a commencé par un kilo de cocaïne »
« J’ai commencé à fournir des stupéfiants, et à utiliser ce téléphones en 2019. A l’époque, je n’étais pas encore en contact avec Monsieur Zerrouki. » La présidente veut savoir pourquoi, après son retour en Hollande en 2017, il s’est lancé dans les stupéfiants. « Des soucis d’argent. Pour faire vivre ma famille », répond l’accusé.
Avec les Izards, à Toulouse, Badreddine Abbou a d’abord proposé un kilo de cocaïne « pour me dépanner ». « Cela n’a pas posé de problème… Cela a commencé comme ça. Je suis descendu de Paris. Puis une autre kilo. Monsieur Zerrouki tenait sa parole. C’est devenu un roulement. J’ai appris comment cela fonctionnait. Et voilà… »
Les Sky ECC, ces téléphones cryptés qui intriguent
Loin de Toulouse à partir de 2018, Badreddine Abbou réapparait dans l’environnement des Izards et dans l’enquête en 2020 avec l’utilisation d’un téléphone crypté.
« Est-ce vous qui achetait ces appareils, et qui les distribuait ? », interroge Dominique Coquizart. « Oui. Ces téléphones étaient en vente libre… » « Enfin pour connaître ces appareils, il faut savoir, être introduit. C’est quand même destiné à des activités illicites », insiste la présidente. « Une relation en Hollande m’a signalé et m’a expliqué comment cela se marchait. »
Ces appareils, autour de 1000 euros à l’achat, s’accompagnaient d’abonnement à 2000 euros. « Qui décide qui dispose d’un PGP ? », demande la magistrate. Lors de l’enquête, tous les accusés disposaient d’un appareil, parfois de plusieurs. L’accusé confirme que les commandes « ont été demandées par Mohamed Zerrouki. Je gagnais 150 euros par appareil. »
Les débats reprennent devant la cour d’assises
Après un long après-midi marqué par les auditions de Mohamed Zerrouki et de son épouse, puis de Hakim Boudjellah, les débats devant la cour d’assises reprennent ce mardi matin avec l’interrogatoire de Badreddine Abou, 39 ans.
Né au Pays-Bas, ce garçon a grandi à Toulouse, dans les quartiers à partir de l’âge de 9 ans. Il a reconnu, depuis son arrestation, son implication dans le trafic de stupéfiants. « J’avais pas mal de contacts. Mon rôle était de mettre en relation les gens, de trouver de la cocaïne de qualité à bon prix », a-t-il expliqué la semaine dernière. Il refuse, en revanche, le rôle d’associé de Mohamed Zerrouki dans l’organisation des Izards, fonction que les policiers lui attribuent. « Je travaillais seul », affirme ce garçon sans casier judiciaire.
Bonjour et bienvenue dans ce direct
Après une interruption jeudi soir, le procès de Mohamed Zerrouki et de ses trois autres accusés a redémarré lundi devant la cour d’assises spécialement composée de la Haute-Garonne. Il doit se poursuivre doit se poursuivre jusqu’à jeudi, date du verdict.
Le trafic de drogue, au cœur de nombreux règlements de compte
Ce procès du narcotrafic met en évidence un mal qui gangrène aussi la Ville rose, théâtre encore le week-end dernier d’un règlement de compte. Un homme de 23 ans a été exécuté à la kalachnikov et régulièrement des armes de guerre sont retrouvées par des policiers. Une violence autour du trafic de drogue qui explose.
Le train de vie du couple Zerrouki à la loupe
Hier, les juges ont examiné le train de vie des Zerrouki. Voyages, maison… la femme du principale accusée a expliqué à plusieurs reprises qu’elle ne savait pas d’où venait l’argent. « Je ne posais pas de questions, il n’aimait pas « , a-t-elle indiqué à la barre.
Un trafic de drogue très très lucratif
Pas moins de 3,7 millions d’euros en 18 mois. C’est ce qu’aurait généré selon les enquêteurs le trafic de drogue pour lequel les quatre co-accusés, avec à sa tête le duo Zerrouki-Abbou, sont présents devant cour d’assises.













