Le lycée Élisabeth et Robert Badinter a été inauguré jeudi 10 septembre à Cournonterral, dans l’Hérault, en présence d’Élisabeth Badinter elle-même. Financé intégralement par la Région Occitanie pour un montant de 52 millions d’euros, cet établissement n’est pas un lycée ordinaire : il cumule une ambition écologique hors norme, des équipements d’exception et une orientation pédagogique clairement tournée vers les métiers du numérique.
Un nom qui porte des valeurs
Ce n’est pas anodin d’apposer le nom d’un couple sur la façade d’un lycée, et la présidente de Région Occitanie, Carole Delga, l’a parfaitement exprimé lors de l’inauguration. Les combats de Robert Badinter pour l’abolition de la peine de mort et la dépénalisation de l’homosexualité, associés aux réflexions d’Élisabeth Badinter sur l’égalité femmes-hommes et la laïcité, forment selon elle un socle de valeurs que l’établissement a vocation à faire vivre au quotidien.
Élisabeth Badinter, visiblement touchée, a rappelé lors de la cérémonie que son mari estimait que porter son nom sur un lycée valait toutes les légions d’honneur. Elle a d’ailleurs échangé directement avec des élèves de seconde sur la liberté d’expression et l’héritage de Charlie Hebdo, un moment fort qui a illustré ce que la présence d’un tel nom peut représenter pour la jeunesse.
Un établissement pensé pour désengorger l’ouest héraultais
C’est le 11e lycée neuf ouvert en Occitanie depuis 2016, et il répond à un besoin bien concret. Avant son ouverture, les lycéens habitant l’ouest de Montpellier devaient parcourir jusqu’à 1h45 de trajet pour rejoindre un établissement dans la métropole, des trajets quotidiens épuisants pour les familles comme pour les élèves. Désormais, le lycée Badinter est accessible en trente minutes depuis les huit communes du secteur. Dès cette rentrée 2026, il accueille 530 élèves dans des formations générales, technologiques et professionnelles, avec une orientation affirmée vers les métiers du numérique et de l’informatique, un secteur en forte tension sur le bassin d’emploi montpelliérain. L’établissement est conçu pour monter en charge progressivement, avec des premières GT intégrées en 2027 et des terminales en 2028, jusqu’à atteindre sa capacité totale de 1 400 élèves.
Les équipements le distinguent nettement des lycées construits il y a quelques décennies. On y trouve un CDI de 550 m², un restaurant scolaire capable d’accueillir 1 000 pensionnaires, un internat de 50 places réservé en priorité aux élèves les plus éloignés, une Maison des lycéens, ainsi qu’un plateau sportif extérieur de 4 000 m² complété par une salle de musculation.
Un lycée à énergie positive, qui produit plus qu’il ne consomme
C’est peut-être là que réside la vraie singularité de cet établissement. Le lycée Badinter est conçu à énergie positive, ce qui signifie qu’il produit davantage d’énergie qu’il n’en consomme sur une année, un pari techniquement ambitieux pour un bâtiment scolaire de cette envergure. Pour y parvenir, la Région a combiné plusieurs dispositifs complémentaires : un système géothermique qui puise la chaleur en hiver et la fraîcheur en été directement sous le sol, 790 m² de panneaux photovoltaïques en toiture, et une conception bioclimatique optimisée avec des orientations nord-sud et des protections contre les vents dominants.
La nature occupe par ailleurs plus de 60% du site, puisque plus de 1 000 arbres ont été plantés et les zones d’intérêt écologique préservées. Un bassin de rétention de 6 750 m³ stocke les eaux pluviales et favorise le développement de la biodiversité, tandis que la Région s’engage à entretenir 26,7 hectares de zones naturelles protégées à proximité. Preuve d’un ancrage territorial assumé, 80% des entreprises mobilisées sur le chantier sont des entreprises régionales.
Pour les familles de l’ouest héraultais, cette rentrée marque clairement un tournant. Les lycées toulousains, eux, continuent d’accueillir chaque année des milliers d’élèves venus de toute l’Occitanie, dans des établissements aux configurations bien différentes.














