Bottes aux pieds et panier en main, la récolte des champignons séduit chaque année un grand nombre d’adeptes. Qui fera la meilleure récolte ? Qui aura le plus gros champignon ? La cueillette est presque devenue une chasse aux trésors. « Depuis la Covid, il y a eu un vrai besoin de reconnexion à la nature. Les gens sont ravis de pouvoir manger des choses qu’ils ont eux-mêmes récoltées dehors », constate Aurélie Sanchez, mycologue à Toulouse. Dans quelques semaines, le feu sera au vert pour dénicher les champignons en Haute-Garonne.
Si dans certains endroits de la France, la saison des champignons est sur le point de commencer, à Toulouse et aux alentours, il faudra encore faire preuve de patience. « Les nuits étaient encore trop chaudes », explique Aurélie Sanchez, mycologue à Toulouse. Pour autant, les canicules subies dans le département de la Haute-Garonne cet été ne l’inquiètent pas pour le reste de la saison, bien au contraire. « Les champignons se reproduisent lorsqu’ils sont stressés », assure-t-elle.
Et ce n’est pas Marianna Muneretto, mycologue et membre du conseil d’administration de la Société mycologique de Toulouse, qui va la contredire. « Les champignons aiment les variations climatiques. S’il fait sec, le champignon ne sortira pas, pareil s’il pleut trop, il faut qu’il y ait un peu de tout », assure cette spécialiste. Le pic de la saison se situe autour de la mi-octobre avant un ralentissement dès plusieurs jours sous la barre des -9 °C. Il faudra donc faire preuve d’encore un peu de patience et surtout surveiller le thermomètre et le pluviomètre.
Une grande diversité d’espèces en Haute-Garonne
Le département de la Haute-Garonne abrite une grande diversité d’espèces, variable en fonction de l’habitat et du feuillu. Ainsi, il est commun de trouver des bolets, des amanites, des cèpes, des agarics, des girolles ou encore des coulemelles dans le département…
Pour la localisation, la forêt de Rieumes, de Bouconne, ou de Buzet peuvent être intéressantes près de Toulouse. « Dans tous les cas il faut surtout bien identifier l’arbre sous lequel se trouve le champignon », assure Marianna Muneretto. Au pied des châtaigniers, chênes et hêtres en particulier, dans des zones très humides, après de fortes pluies. Les « coins à champignons » se trouvent surtout dans le Comminges : dans les sous-bois du côté d’Aspet et les vallées ombragées au pied du Pic du Cagire, il y a aussi les vallées du Lys et de la Pique qui abritent des forêts de hêtres et sapins, idéales pour la poussée d’automne. Certains en trouvent aussi du côté de Saint-Bertrand-de-Comminges, sous les zones de feuillus. Mais rares sont ceux à donner leurs « coins ».
Une chose est sûre pour Marianna Muneretto : « Ne partez jamais seul, et n’allez pas dans les bois privés, informez-vous avant », met-elle en garde. L’identification reste essentielle car en Haute-Garonne il n’est pas impossible de dénicher des champignons toxiques, voire mortels. « On connaît bien un champignon seulement quand on connaît son cousin germain toxico-mortel », résume-t-elle.
Des conseils à respecter pour une bonne récolte
Avant d’enfiler ses bottes pour se rendre dans les bois, quelques conseils peuvent être utiles pour optimiser la récolte. Tout d’abord, il est essentiel d’avoir quelques bases pour reconnaître les champignons, afin d’éviter tout risque d’intoxication. Aurélie Sanchez met en garde : « Les champignons sont polymorphes, les applications de reconnaissance ne suffisent pas. »
Sur place, Marianna Muneretto recommande de « marcher doucement, bien s’habiller et se chausser, avoir un panier et un couteau rétractable, le téléphone bien chargé et les documents d’identité sur soi ». Elle insiste : « On ne ramasse jamais un champignon si son chapeau n’est pas ouvert, ni les champignons trop vieux. » Attention également aux insectes et aux tiques présents dans les bois. Il convient d’avoir des vêtements qui couvrent bien la peau et des produits répulsifs. Enfin, il faut en laisser pour chacun, la récolte est encadrée par la loi. Elle est limitée à 5 L par personne, soit environ 5 kg.
Comment bien consommer les champignons ?
En multipliant les dimanches passés à récolter les champignons, ceux-ci pourraient vite s’accumuler dans la cuisine cet automne. Cependant attention, il convient de rester raisonnable dans la consommation des champignons. « Notre organisme n’est pas fait pour les ingérer », explique Aurélie. « Si la récolte est bonne, on peut les sécher ou les mettre en bocaux », ajoute-t-elle. « La dose recommandée ne doit pas excéder 150 g par personne et par semaine, de préférence le midi », assure Marianna Muneretto. Peu importe la variété, il est également essentiel de le consommer cuit, car certains contiennent des toxines qui ne s’en vont qu’à la cuisson. Enfin, pour un petit conseil culinaire, Marianna recommande une cuisson avec des échalotes et du beurre salé plutôt qu’avec de l’ail.













