En Haute-Garonne, les maisons fissurées par le retrait-gonflement des argiles sont de plus en plus nombreuses. Face à un phénomène qui fragilise les habitations et inquiète leurs propriétaires, des associations tentent de faire bouger les lignes. À Castelnau-d’Estrétefonds, plus de 450 habitants et élus se sont réunis à la mi-septembre pour évoquer les solutions possibles et réclamer une meilleure prise en charge des sinistrés.
En France, 12,1 millions de personnes seraient exposées au phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA), à l’origine de fissures qui fragilisent les bâtiments. Selon les estimations, six maisons sur dix seraient concernées. La Haute-Garonne figure, elle, parmi les départements les plus exposés, avec un niveau jugé élevé à maximal par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Des situations qui montrent que le phénomène est loin d’être isolé. Alors pour tenter de trouver des solutions, des associations se mobilisent et des réunions s’organisent. C’était le cas à la mi-septembre à Castelnau-d’Estrétefonds au nord de Toulouse, où l’association SOS Maisons fissurées en Haute-Garonne a réuni plus de 450 habitants et élus.

Les fissures touchent la Haute-Garonne
La Haute-Garonne, et plus particulièrement 45 communes du nord du département, sont fortement exposées au retrait-gonflement des argiles. Le département est ainsi l’un des plus touchés de France, notamment en raison de la composition de ses sols. Concrètement, « sur les sols argileux de notre territoire, ce RGA est un phénomène progressif, qui crée des fissures qui évoluent dans le temps. C’est une fragilisation profonde de nos maisons, avec des conséquences qui s’aggravent année après année », explique Bernard Vélu, président de l’association SOS Maisons fissurées en Haute-Garonne.

« Beaucoup de gens se retrouvent en détresse face à la situation. Moi, par exemple, ma maison était estimée à 400 000 euros sans fissure, contre 120 000 euros avec les fissures. Quand on voit ça… », déplore Bernard Vélu. Et il n’est pas le seul concerné : les 450 personnes présentes dans la salle sont, elles aussi, directement touchées.
Un phénomène accentué par les intempéries
Et le nombre de personnes concernées ne cesse d’augmenter, tandis que l’apparition et l’évolution des fissures sont étroitement liées aux variations météorologiques. « 55 % du territoire national est en zone d’exposition forte. C’est simple : le sol change de volume selon la quantité d’eau. Quand il y en a davantage, notamment avec de fortes pluies, le volume du sol augmente. Il pousse alors verticalement sur les fondations et peut soulever la maison. À l’inverse, lors des périodes de sécheresse, l’eau s’évapore, le sol s’assèche, les particules d’argile se resserrent et la structure de la maison s’affaisse », détaille Bernard Vélu.
Résultat : des fissures apparaissent. Au fil des années et des épisodes successifs, elles peuvent s’agrandir et fragiliser davantage les habitations. « De 2018 à 2025, on est passé à une crise de sécheresse quasi ininterrompue, avec des dossiers de catastrophe naturelle déposés chaque année pour ces fissures et un État qui reconnaît de moins en moins cet état », ajoute Bernard Vélu.
Sortir de la catastrophe naturelle
Face à ces constats, les associations se mobilisent. Celle de Bernard Vélu, mais aussi l’AUMF, l’Association Urgence Maisons Fissurées, dont la représentante Solveig était présente ce soir-là. « Pour aider les sinistrés, nous voulons créer un fonds d’indemnisation du RGA et le sortir de la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, car cela implique des critères différents. On veut une réponse à hauteur du sinistre, avec un transfert des cotisations de solidarité de la catastrophe naturelle vers ce fonds », explique-t-elle.
Les solutions avancées sont diverses : « un prêt garanti par l’État, un plan de prévention, un renforcement des normes de construction ». Autant de pistes proposées par les associations, qui souhaitent désormais aller au-delà du simple constat. « Nous voulons passer à l’action », résume Solveig. Pour les centaines de propriétaires concernés, l’enjeu est désormais de trouver des réponses concrètes avant que les fissures ne continuent de s’aggraver.
Comment être indemnisé en cas de retrait-gonflement des argiles ?
À l’apparition de fissures, contactez votre mairie, qui transmettra le dossier à la préfecture. Celle-ci le soumet à une commission interministérielle pour décider de la reconnaissance, ou non, de l’état de catastrophe naturelle.
Si elle est reconnue, contactez votre assurance dans les 30 jours suivant la publication. Un expert sera mandaté pour évaluer les dégâts. En cas de désaccord, une contre-expertise ou un recours sont possibles.
Si elle n’est pas reconnue, un recours gracieux ou devant le tribunal administratif peut être engagé. À défaut, les travaux restent à la charge du propriétaire.


















