Bambi n’est plus le bienvenu dans cette paisible commune. Visés par un arrêté officiel de « destruction administrative » après des dégâts à Garidech, près de Toulouse, trois daims sont au cœur d’une vive polémique. Des habitants ont lancé une pétition pour réclamer des alternatives à leur abattage, alors que la politique environnementale de la Haute-Garonne refuse l’implantation de cette espèce sur son territoire. Pourquoi ? De nombreuses préfectures adoptent ne fait une politique d’éradication ou de contrôle strict pour éviter son implantation durable, invoquant le risque d’accidents de la route et les impacts sur la sylviculture et l’agriculture. On vous explique la controverse.
À Garidech, la présence de daims en bordure de village ne fait plus sourire tout le monde. Le 12 août dernier, la préfecture de Haute-Garonne a publié un arrêté autorisant un lieutenant de louveterie à prélever trois spécimens sur la commune et ses alentours. Une décision administrative déclenchée après les dégâts signalés par un maraîcher local dont des cultures ont été dévorées.
Pour de nombreux riverains, le coup de feu passe mal. Dominique, habitant « depuis toujours » dans le secteur, côtoie ces animaux depuis près de huit ans. « On a une belle vie nocturne ici : des lièvres, des sangliers et ces daims que je vois presque tous les soirs. » Avec la sécheresse estivale, il pense que ces animaux se sont rapprochés des habitations pour chercher de quoi s’abreuver et se nourrir.
« Je ne suis pas anti-chasse, j’ai même été chasseur »
Refusant ce qu’il considère comme « une réponse rapide sans alternative », Dominique a tenté de négocier un délai pour trouver d’autres solutions. « Je ne suis pas anti-chasse, j’ai même été chasseur. Je ne suis ni révolutionnaire, ni écologiste, mais tuer est une solution de court terme. Demain, ce seront les chevreuils, les lièvres ou les sangliers qui viendront manger », regrette-t-il.
« Je n’en veux ni à l’agriculteur qui doit vivre de son travail, ni au lieutenant de louveterie, nuance cet habitant. J’en veux à ceux qui ont pris cette décision si vite. » Il ne comprend pas l’arrêté préfectoral qu’il juge trop radical.
Pour préserver ce petit groupe, Dominique et d’autres riverains ont lancé une pétition en ligne. En moins de 24 heures, elle franchissait le cap des 260 signatures.
Pourquoi cette politique d’élimination systématique
Dans l’ombre de ce conflit de voisinage se dessine une politique stricte vis-à-vis du daim. En Haute-Garonne, les autorités appliquent une consigne claire : refuser catégoriquement l’installation du daim sur le territoire.
Plusieurs raisons motiveraient ce choix. D’abord, le risque routier : cet animal au comportement imprévisible est jugé accidentogène à proximité des habitations. Ensuite, de nombreuses préfectures en France classent l’espèce comme étant « susceptible d’occasionner des dégâts », notamment en forêt.
Résultat, dès qu’un daim sauvage est repéré, les autorités délivrent des autorisations ponctuelles d’intervention aux lieutenants de louveterie pour une élimination ciblée.
Contactée afin d’obtenir des précisions sur ce dossier, la préfecture n’a pas donné suite à nos sollicitations. En attendant, sur le terrain, le lieutenant de louveterie poursuit ses repérages, pendant que le voisinage espère que d’autres solutions pourront être envisagées pour les trois daims du secteur.












