Après plusieurs fusillades à Toulouse, des habitants de Bellefontaine, de la Reynerie, de Bagatelle et de la Faourette lancent une pétition. Ils réclament aux pouvoirs publics « des actes » et une stratégie durable mêlant sécurité, prévention, médiation et proximité.
« Nos quartiers veulent vivre en paix ». Alors que le maire de Toulouse a demandé des renforts de police au ministre de l’Intérieur face aux fusillades dans certains secteurs de la ville, des habitants de Bellefontaine, de la Reynerie, de Bagatelle et de la Faourette ont décidé de lancer une pétition en ligne.
« Aujourd’hui, nous voulons dire notre ras-le-bol. Les fusillades se succèdent. Des jeunes meurent, des armes circulent et des familles vivent avec cette violence à leur porte », écrivent Ali Tehar, militant associatif toulousain, Abdé Moumeni et Mohamed Hamami, les premiers signataires. Le 15 septembre dernier, un homme de 18 ans a notamment été abattu de plusieurs balles à Bellefontaine. « Nous refusons que cela devienne une fatalité. Et nous refusons de nous habituer à l’inaction », déclarent-ils.
Les demandes des habitants face aux fusillades et violences
Pour eux, « la réponse de sécurité est indispensable » face « au narcotrafic, aux réseaux organisés et à la circulation des armes ». « Mais la sécurité ne se construit pas uniquement après les drames. Elle se construit aussi au quotidien, dans la durée, par la prévention, la proximité et la médiation. Une médiation qui va vers les habitants, les familles et les jeunes, qui connaît le terrain, repère les tensions et intervient avant qu’elles ne dégénèrent », affirment ces riverains.
Ils veulent « également reconstruire une confiance de proximité entre les citoyens et les services de l’État, notamment la police et la justice ». Ce qui passe, selon eux, par « une présence quotidienne, identifiable et durable, par le dialogue et par la capacité à apporter des réponses concrètes ». De même, ils demandent à ce qu’un « lien opérationnel, permanent et actif entre les citoyens, les associations et les institutions » soit recréé pour « sortir de la seule réaction » et « entrer dans l’anticipation ».
« Sécurité, prévention, médiation et proximité ne s’opposent pas. Nos quartiers ont besoin de toutes ces réponses et d’acteurs capables de travailler ensemble », estiment Ali Tehar, Abdé Moumeni et Mohamed Hamami qui refusent, par ailleurs, que leurs quartiers « soient réduits aux trafics et aux faits divers ». « Ils sont des lieux de vie, de solidarité et d’engagement. Des familles y vivent, des enfants y grandissent, des habitants et des associations s’y investissent chaque jour ».
« Nous voulons une stratégie durable et coordonnée »
Dans leur pétition, les trois signataires interpellent « l’ensemble des pouvoirs publics et des responsables politiques, sans distinction ». « Nous ne voulons plus de renvois de responsabilité ni de réponses ponctuelles après chaque drame. Nous voulons une stratégie durable et coordonnée : combattre les trafics, assurer la sécurité, reconstruire la confiance, renforcer la proximité, investir dans la prévention, l’éducation et la médiation, et soutenir les familles et les acteurs réellement présents sur le terrain ». En somme, ils réclament « des actes ».













