Une crèche pas comme les autres vient d’ouvrir à Toulouse. Chez Woof Society, pas d’enfants, mais des chiens qui profitent de jeux, promenades et siestes pendant que leurs maîtres travaillent. Une garderie pensée pour éviter de laisser son animal seul toute la journée.

Piscine à balles, coin pour faire la sieste, jouets… Cette crèche ressemble (ou presque) à toutes les autres, à une différence près : elle n’accueille pas d’enfants. Le matin avant d’aller travailler, ce ne sont donc pas leurs chères têtes blondes que les parents déposent chez Woof Society, mais… leurs chiens.
« J’ai eu l’idée de cet endroit quand j’étais aux États-Unis pour mes études. C’est là-bas que j’ai découvert ce concept », raconte Mehdi Sijelmassi, qui nourrit « une passion pour les chiens ». Toutefois, il ne se lance pas immédiatement dans l’aventure. De retour en France, il travaille en effet dans « un domaine complètement différent ». Il devient notamment directeur d’une agence de développement web avant de donner un nouveau tournant à sa carrière.
« Après quelques années de travail, j’ai voulu faire autre chose », confie-t-il. Mehdi Sijelmassi constate alors qu’il n’existe « pas de garderie pour chiens en centre-ville » et décide de donner vie à son idée. C’est ainsi que Woof Society voit le jour, au 9 rue de Toul, à Toulouse, le jeudi 10 septembre dernier.
Une garderie pour ne plus laisser son chien seul toute la journée
Le lieu s’adresse notamment aux maîtres et maîtresses qui « culpabilisent de laisser leur chien tout seul à la maison ». « Nous avons aussi des personnes qui sont à 100 % en télétravail, mais qui ont envie de laisser leur animal sociabiliser une journée ou deux par semaine », rapporte Mehdi Sijelmassi. Il est en effet « important pour leur développement de voir d’autres chiens, mais aussi des humains ».
Depuis son ouverture, Woof Society a accueilli une vingtaine de boules de poils, dont sept sont déjà des habitués. Plusieurs abonnements sont proposés : un jour par semaine pour 140 euros par mois, deux jours pour 275 euros, trois pour 370 euros et quatre pour 575 euros. Les chiens peuvent également être confiés ponctuellement à la garderie, pour 40 euros la journée ou 25 euros la demi-journée. Au maximum, Woof Society peut en accueillir neuf en même temps. « Nous les acceptons tous, sauf ceux qui sont catégorisés. » Autrement dit, les chiens considérés par la loi comme susceptibles d’être dangereux.
Un test de sociabilisation avant de pouvoir intégrer la garderie
Avant de rejoindre leurs nouveaux camarades, les boules de poils doivent passer un test de sociabilisation, « pour être certains que ça va bien se passer ». « On laisse le chien découvrir une partie des lieux en compagnie de certains de ses congénères déjà présents, tandis que les plus excités sont mis dans une pièce à part. Une fois qu’il a pris ses marques, j’ouvre aux autres et je les laisse se sentir. Ensuite, on joue avec des friandises et des jeux pour voir si l’animal devient agressif pour protéger son jouet ou sa nourriture ».
« Cette phase permet de nous rassurer sur le chien qui va être accueilli, mais aussi de rassurer les maîtres », estime Mehdi Sijelmassi qui tient à préciser qu’il n’est pas éducateur canin. Si tous les feux sont au vert, l’animal peut alors intégrer la garderie.
Jeux, promenades et sieste au programme
Une fois admis, les pensionnaires suivent des journées plutôt bien rythmées. « Généralement, les chiens arrivent le matin vers 8 heures. Ensuite, on fait des jeux pour les stimuler, notamment des jeux de fouille en cachant des friandises un peu partout, et on joue à la balle. Puis, on les emmène en promenade. Il y a deux balades par jour. L’après-midi, ce sont souvent des temps calmes parce qu’ils sont moins énergiques », détaille Mehdi Sijelmassi. Son signe de réussite ? Lorsque les maîtres et maîtresses lui racontent que leur chien est « épuisé quand il rentre ». « On considère que la mission est accomplie », sourit-il.
Les chiens n’ont donc guère le temps de s’ennuyer, contrairement à lorsqu’ils restent seuls à la maison. Une solitude que certains supportent très mal. « Il peut y avoir des destructions. Et en dehors de ça, certains chiens n’aiment tout simplement pas la solitude », note le créateur de Woof Society. Il ajoute : « Il est important de leur apprendre à être autonomes pour qu’ils puissent rester une ou deux heures seuls. Mais pendant huit heures chaque jour, toute la semaine, c’est plus compliqué. »
Avant l’ouverture de Woof Society, les maîtres de Vercingétorix, Toto pour les intimes, rentraient ainsi chez eux le midi ou faisaient davantage de télétravail pour éviter de le laisser seul trop longtemps. « Ils essayaient de s’arranger ainsi. Mais mentalement, c’était un peu compliqué de gérer ça », estime Mehdi Sijelmassi. Comme eux, la majorité des autres maîtres qui fréquentent la garderie sont des CSP+ âgés d’une quarantaine d’années. « Mais nous avons aussi des profils plus jeunes, des trentenaires dont l’animal a pris beaucoup d’importance dans la famille », souligne le créateur.
Une boutique, un café, de l’ostéopathie et bientôt du toilettage
Woof Society ne se limite pas à sa garderie. Le lieu se veut également un espace de vie autour des animaux de compagnie. Les maîtres de chiens, mais aussi de chats, peuvent y retrouver une boutique proposant de l’alimentation, des produits d’hygiène et des accessoires.
Le lieu, d’une surface de 300 m2, dispose également d’un espace consacré à l’ostéopathie, tandis qu’un service de toilettage doit prochainement ouvrir. Un café complète l’ensemble, accessible à tous, même sans avoir de chien inscrit à la garderie. Il faut toutefois débourser sept euros pour en profiter lorsque l’on ne dispose pas d’un abonnement à Woof Society. En somme, le « QG des chiens heureux », mais aussi celui de leurs maîtres ?














