La cyberattaque de l’été qui a touché massivement l’académie de Toulouse n’a pas fini de provoquer des remous. Si les autorités ont mis en place des mesures de protections immédiates, l’heure du retour à la normale n’a toujours pas sonné.
Trois semaines après la rentrée, la cyberattaque qui a touché cet été massivement l’académie de Toulouse, n’a pas fini de provoquer des remous pour le personnel, les professeurs et les élèves. Le 19 août dernier, un black-out général sur les outils de l’Education Nationale en Occitanie, chamboulait l’organisation de la rentrée scolaire. Si les autorités et l’ANSSI (Agence Nationale de la sécurité des systèmes d’information), ont mis en place des mesures de protections immédiates, l’accès à toutes les applications n’est toujours pas rétabli.
« C’est l’ANSSI qui nous a demandé d’organiser la pré-rentrée et la rentrée à la main, à l’ancienne. C’est ce qu’on a fait. Aujourd’hui, c’est le plan de reprise de l’activité, on a donc de nouveau accès à notre messagerie » s’enthousiasme Christian Mendivé. Le Directeur académique des services de l’Education Nationale pour la Haute-Garonne se veut rassurant : « On est sur la 2eme phase, une phase optimiste du retour progressif à la normale ».**** L’ANSSI pilote les procédures de mises en sécurité et de réouverture des applications : « On a eu à reconstruire des process qui n’existaient que par l’informatique. Ça a été beaucoup de travail pour les services, beaucoup de pression aussi pour le rectorat, notamment pour sécuriser la paye. »
« Il y a beaucoup d’applications numériques à l’Education Nationale. On a un top 20 des applications qui vont rouvrir dans les 15 jours puis progressivement toutes les autres vont rouvrir. Il peut y avoir un dysfonctionnement ou une alerte sur une application qui demande à ce que l’on retarde l’ouverture de la suivante. La surveillance de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information est extrêmement rigoureuse, « explique Christian Mendivé.
Des sorties scolaires reportées
Du côté des élèves et des impacts directs sur leur cursus scolaire, le Directeur académique est clair : « Ce qui compte avant tout c’est la sécurité de nos élèves et donc il n’est pas question d’autoriser des intervenants extérieurs à amener des enfants à la piscine si on n’a pas contrôler leur honorabilité. Ce que l’on contrôlait de manière informatique, on n’a pas pu le faire cette fois-ci. Donc on a laissé partir des élèves avec des intervenants dont on avait vérifié l’honorabilité l’année dernière par exemple ou quand cela a été possible on a contrôlé de façon manuelle. Mais effectivement il y a des sorties qui n’ont pas eu lieu car on n’a pas pu vérifier l’honorabilité. »
Pour Jennifer Pelissier, co-secretaire de la FSU-SNUipp, l’inaccessibilité de la messagerie a engendré certaines difficultés d’un côté, mais une tranquillité relative de l’autre : « Ca soulève de réelles difficultés sur le terrain car la plupart de nos outils ne fonctionnent pas « . Face à cela, l’inquiétude grandit pour l’enseignante : « Les outils vont revenir petit à petit et ce ne sont pas les outils qu’on utilise directement dans les écoles qui sont prioritaires. Pour de bonnes raisons, par exemple les logiciels de paye sont prioritaires. Mais des outils qui seraient utiles dans nos écoles pour nos élèves, eux, ne seront pas de suite remis en service. Et on n’a aucune date à ce sujet « .
Des retards administratifs à prévoir
Si pour la co-secrétaire de la FSU SNUipp « le plus dur a été l’amorce de la rentrée et le fait de ne pas avoir accès à notre base élève », d’autres sources d’inquiétudes émergent « notamment pour éditer les contrats pour recruter les personnels nécessaires ou éditer des attestations d’anciens contrats, verser la prime de précarité. Ils prennent les problèmes un par un, mais à chaque problème, de nouveaux apparaissent. On sent que ça va être très compliqué ».
« C’est tout un tas de petits ou gros problèmes mais ça soulève beaucoup de difficultés dans la gestion individuelle et la gestion des carrières « . Les conséquences de cette cyberattaque devraient se faire encore ressentir durant plusieurs mois, voire pendant l’année scolaire complète, pour Jennifer Pelissier.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555

















