EXCLUSIF. Les automobilistes vont devoir payer plus cher que prévu pour circuler sur la future autoroute A69, dont l’ouverture est imminente. L’avenant qui devait faire baisser le prix du péage sur une partie du tracé, ne sera finalement pas adopté, suite à un avis défavorable du conseil d’Etat. Les collectivités locales ne pourront pas verser les 41 millions d’euros destinés à faire baisser la facture. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce rebondissement.
La promesse devait rendre l’A69 un peu moins chère. Elle vient de voler en éclats. Selon nos informations, l’avenant au contrat de concession qui devait permettre de réduire les péages de l’A69 a reçu un avis défavorable du Conseil d’État. Saisie par le gouvernement, la juridiction administrative estime que cette ristourne fait peser un risque juridique sur l’ensemble du contrat. Si son avis reste consultatif, il est très rare que le gouvernement passe outre, et il est désormais peu probable que le ministre des Transports entérine l’avenant par décret. Une communication de Philippe Tabarot est attendue sur le sujet très bientôt.
Il s’agit d’un coup dur pour les automobilistes qui survient à quelques semaines de la mise en service de l’autoroute et en pleine grogne contre le prix des carburants.
L’avenant conclu entre l’État et Atosca prévoyait une baisse de 33 % du péage sur les sections comprenant les déviations de Soual et de Puylaurens intégrées au tracé pendant les dix premières années d’exploitation, puis de 15 % les années suivantes. Cette mesure concernait plus de la moitié des 53 kilomètres de la future autoroute Castres-Toulouse. La baisse du tarif répondait à une attente des usagers qui ne comprenaient pas bien pourquoi ils devraient payer pour circuler sur des tronçons déjà financés par les contribuables même s’ils sont mis aux normes d’une autoroute par le constructeur.
41 millions pour faire baisser le péage
Cette baisse n’était pas gratuite. Pour compenser le manque à gagner d’Atosca, l’État et les collectivités partenaires avaient accepté de verser 41 millions d’euros supplémentaires au concessionnaire. Une enveloppe financée par l’État, la Région Occitanie, le Département du Tarn, l’agglomération Castres-Mazamet et la communauté de communes Sor et Agout. Elle s’ajoutait aux 23 millions d’euros de contribution publique prévus dans le contrat initial.
Le mécanisme retenu était assez technique. L’abaissement des péages devait entraîner une perte de recettes pour Atosca, évaluée par l’Autorité de régulation des transports (ART) entre 50 et 100 millions d’euros sur la durée de la concession, mais partiellement compensée par une hausse du trafic et une baisse de l’impôt acquitté par le concessionnaire. L’enveloppe de 41 millions d’euros de contribution publique procédait de ce savant calcul.
Un avis favorable
Le projet d’avenant avait été soumis à l’Autorité de régulation des transports, chargée notamment de vérifier l’équilibre économique de la concession. Son avis, rendu en décembre 2025, ne remettait pas en cause le principe du montage. L’autorité jugeait la méthode de calcul « globalement pertinente » tout en soulevant plusieurs réserves. À commencer par le délai de mise en service de l’autoroute, prévue par l’avenant au 1er janvier 2026, une date d’ores et déjà dépassée, faussant la méthode de calcul.
L’autorité pointait également du doigt les prévisions de trafic jugées insuffisamment étayées, le manque d’étude pour déterminer la valeur de l’abattement ou encore les modulations tarifaires prévues en fonction du poids des véhicules. Une réduction était en effet prévue en fonction du poids des véhicules : les voitures les moins lourdes bénéficiaient de réductions plus importantes. Un système jugé peu lisible et susceptible de créer une différence de traitement entre des usagers.
Si on ne connaît pas encore les raisons qui ont conduit le Conseil d’État à annuler cette ristourne, la nouvelle risque de faire l’effet d’une douche froide chez les futurs utilisateurs de l’autoroute. Et devrait peser sur le futur prix du péage. Ce dernier n’a pas encore été rendu public par le concessionnaire.











