Le prolongement du mouvement social du jeudi 5 novembre a entraîné l’annulation du concert de l’Orchestre national du Capitole, vendredi soir, à la Halle aux Grains, à Toulouse, en solidarité avec la mobilisation nationale, mais aussi pour alerter sur les menaces qui pèsent sur la culture. Explications.
Les musiciens avaient commencé à répéter depuis trois jours, la pianiste italienne Béatrice Rana et la cheffe d’orchestre finlandaise Eva Ollikainen étaient arrivées à Toulouse mais le concert « Splendeurs orchestrales de Vienne à Varsovie » n’a pas eu lieu, vendredi 6 novembre, à la Halle aux Grains.En assemblée générale, réunie la veille vers 13 h, après la répétition générale du matin, une partie de l’orchestre avait émis le souhait de faire grève.
Mobilisation nationale et revendications locales
« Une décision a été prise au national, en milieu de semaine dernière, pour se joindre à l’appel à la grève du 5 novembre », commente Jean-Baptiste Jourdin, délégué syndical CGT de l’Orchestre national du Capitole. « Comme nous avons des dates de concert différentes dans la semaine, nous avons décidé d’étendre le mouvement aux jours suivants. Beaucoup d’orchestres ont déjà débrayé jeudi soir. Nous nous inscrivons donc dans ce mouvement. Le taux de grévistes important ne pouvait pas éviter l’annulation ».
Les revendications des musiciens de l’Orchestre du Capitole reprennent celles de la mobilisation nationale contre la vie chère et pour la défense de la jeunesse. « Concernant la Maison Capitole, de nombreux postes sont gelés dans tous les services, les offres d’emploi sont drastiquement réduites pour les intermittents du spectacle, les perspectives d’embauche restreintes pour les jeunes, les revalorisations salariales sont au point mort, à cela s’ajoute un appauvrissement de la programmation artistique et des projets pédagogiques », stipule le tract qui a été distribué aux spectateurs, vendredi soir, devant la Halle aux Grains, au nom des équipes de l’orchestre par les représentants syndicaux SAMMIP-CGT et UNSA.
Des craintes pour l’avenir
La baisse des dotations de l’État aux collectivités produit, notamment, ces conséquences qui touchent de plein fouet la culture depuis plusieurs années déjà. Les perspectives ne sont pas meilleures, à en croire le Syndicat National des Artistes Musiciens de France qui précise : « Le projet de budget 2027 du ministère de la Culture aggrave cette politique d’austérité, avec une diminution de 100 millions d’euros des crédits de la mission Culture, dont 35 millions pour la création artistique. Les crédits déconcentrés, qui permettent de soutenir les structures culturelles dans les territoires, seraient amputés de près de 33 millions d’euros. Ces nouvelles restrictions font peser une menace directe sur l’emploi artistique, les programmations et les missions de service public de nos orchestres et maisons d’opéra ».
Pour les mêmes raisons, la dernière représentation de « Rumba » au Théâtre Sorano a été annulée, jeudi soir, laissant place à un échange dans le hall du théâtre.













