À Fontenilles, près de Toulouse, l’inquiétude grandit chez les salariés d’Eurofins. Alors que 58 des 73 emplois du site spécialisé dans les analyses biologiques sont menacés par un projet de restructuration, voire une fermeture, une réunion était organisée ce vendredi 6 novembre avec la direction. Mais après 1 h 30 d’échanges, aucune réponse concrète n’a été apportée, laissant les employés dans le flou et la colère. Sur place, les salariés nous ont raconté leur combat.
C’est une réunion qui était attendue par les salariés… mais qui s’est soldée par un statu quo. À Fontenilles, près de Toulouse, la restructuration de l’entreprise Eurofins menace 58 des 73 emplois du site spécialisé dans les analyses biologiques, voire sa fermeture. Alors qu’une consultation des représentants du personnel sur les évolutions envisagées est en cours depuis le 27 octobre pour une durée de deux mois, une réunion s’est tenue ce vendredi 6 novembre entre la direction, notamment la DRH France et la PDG France, et les élus et représentants des salariés.
Une réunion peu satisfaisante
Et 1 h 30 après le début de la réunion, le constat est sans appel : un statu quo. Les salariés sont tous sortis pour accueillir la délégation à l’issue du rendez-vous, avant que le député Arnaud Simion ne prenne la parole pour partager des nouvelles mitigées. « Les deux personnes en face de nous n’étaient pas mandatées pour annoncer la fermeture du site. Mais je ne peux pas m’engager sur son maintien ou sa fermeture. Ce ne sont pas de meilleures nouvelles qu’en arrivant », résume ce dernier.

Et en effet, durant cette réunion, la direction a maintenu un discours neutre, sans faire d’annonce. « Elle a eu la même réaction avec les élus locaux qu’avec nous. Vu que la direction ne nous dit pas grand-chose, on n’en sait pas plus », indique Ludovic, délégué syndical. « La réunion d’aujourd’hui permet juste à la direction de gagner du temps. Le CSE est sans réponse depuis la date de l’annonce », note Marjorie, salariée depuis dix ans sur le site.
Des salariés dévastés
Depuis plusieurs semaines, les salariés restent donc dans le flou, dévastés pour bon nombre d’entre eux face à l’incertitude de la situation. « Je suis la plus ancienne de l’entreprise, ça fait 28 ans que je suis sur le site, alors l’annonce a été un coup de massue pour moi. Ma vie personnelle est impactée », relate Laetitia.
« Comment on fait, nous, nos vies après avec nos familles ? On n’est pas juste un salarié », note Élodie, dans l’entreprise depuis neuf ans. « Je suis triste de voir qu’il n’y a aucune considération », « Je suis assez en colère de voir qu’on a beau avoir mis beaucoup d’énergie, on n’est pas écoutés », indiquent d’autres collègues.
Une décision incomprise
« On ne comprend vraiment pas pourquoi nous aujourd’hui », déplore Laetitia. Ce serait « une goutte d’eau », comme l’aurait indiqué la direction, qui aurait fait déborder le vase et plongé le site dans cette situation de restructuration. « On sait que depuis des mois, il y a un problème de toiture avec des travaux à réaliser. Mais la direction a profité de cette excuse pour parler d’aspect financier et de restructuration. Alors que l’on sait que c’est purement financier au niveau du groupe », explique Marjorie, qui rappelle que le groupe réalise « 7 milliards d’euros de recettes ».
« On a beaucoup de connaissances et d’expertise sur ce site. Il y a eu des projets sur des maladies orphelines, pendant le Covid, on a été réquisitionnés… On nous parle de stratégie de compétitivité, mais j’ai du mal à comprendre alors que ce qu’on fait n’existe nulle part ailleurs en France. Les autres sites Eurofins dépendent de nous », souligne Élodie.
Un avenir incertain
« Je suis seule avec mon fils, je vais faire comment ? », s’émeut Élodie. « J’ai 56 ans, donc moi, à cet âge-là, qu’est-ce que je vais retrouver ? », questionne Laetitia. Face à cette situation incertaine, les salariés continuent de travailler, mais jusqu’à quand ? Le député a annoncé une nouvelle réunion avec la direction le 27 novembre ou le 3 décembre prochain. Reste à savoir si cette dernière acceptera. Mais que va-t-il advenir des salariés menacés ? Et de la petite dizaine restante ?
La consultation devrait quant à elle se terminer le 27 décembre, pour une décision et une clôture à la fin de l’année fiscale, selon les syndicats. « On aimerait pousser jusqu’au 15 janvier, mais rien n’est sûr », termine le délégué syndical.













