Alors que l’autoroute A69 s’apprête à ouvrir, Florian Azéma, maire Rassemblement National de Castres, évoque les retombées économiques et les interrogations autour du prix des péages.
C’est un projet qui se concrétise après plus de 30 ans passés dans les tuyaux. L’autoroute A69, qui relie Toulouse à Castres, entre en service ce vendredi 6 novembre 2026. Sa mise en service est saluée par les pro-autoroute, dont Florent Azema, le maire de Castres fait partie, notamment pour le désenclavement qu’elle est censée offrir au bassin castrais.
Des tarifs élevés
Mais le coût du péage, fixé à 20,40 euros l’aller-retour entre Toulouse et Castres, n’est pas adapté selon l’élu : « Je suis ravi de la concrétisation de ce chantier, mais pas à n’importe quel prix. 20,40 euros l’aller-retour, c’est clairement prohibitif. Ce n’est pas une autoroute du loisir, c’est une autoroute pour travailler, pour se soigner, pour étudier. Elle est évidemment fondamentale. Et là-dessus, effectivement, l’État n’a pas rempli ses engagements. On devait avoir une autoroute attractive. Pour l’instant, à ce tarif-là, elle ne l’est pas. Je dis que l’État n’a pas respecté la parole donnée. Je suis élu depuis sept mois, je n’étais pas à la table des décisions. Mais je suis allée au ministère des Transports, j’ai proposé des solutions concrètes au ministère pour faire baisser le tarif du péage. Mais j’ai noté quand même que l’État a versé près de 80 millions d’euros d’indemnités pour les retards pris sur le chantier à cause de l’obstruction judiciaire avec les recours environnementaux. Voilà, le gaspillage d’argent public, il est là. »
Une liaison porteuse d’espoir pour les habitants
Une nouvelle voie rapide que Florian Azema perçoit comme un levier pour renforcer l’attractivité économique du sud du Tarn et lutter contre la désertification médicale : « Quand on est à 40 minutes d’une métropole comme Toulouse, on voit les choses de manière différente. Et donc on pourrait, je l’espère, attirer des professionnels de santé sur notre territoire grâce à cette voie rapide. On a aussi beaucoup d’habitants du sud du Tarn qui vont se faire soigner pour des cancers à Toulouse. Avec l’autoroute, on sécurise les trajets. »
Un projet qui divise
Le chantier de l’A69 a été marqué par de profondes divisions entre partisans et opposants au projet, par des années de tensions, d’obstructions judiciaires et d’interventions des forces de l’ordre lors des différentes manifestations. Florian Azema dénonce le coût de cette opposition :« C’est une fracture qui a coûté très cher aux contribuables. Il y a ce qui a été versé par l’État à Atosca pour les pénalités de retard sur le chantier par rapport à l’obstruction judiciaire et es recours environnementaux, mais c’est aussi la mobilisation des forces de l’ordre, des forces de gendarmerie qui ont été mobilisées sur le territoire pendant des mois et des mois. Et bien ça, ça a un coût, c’est plusieurs millions d’euros. La facture aujourd’hui, elle est lourde. Cette autoroute elle est là : la question n’est plus de savoir si on est pour ou on est contre. Maintenant, il faut qu’elle fonctionne. Et pour qu’elle fonctionne, il faut que le tarif soit modéré. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555















