Sénateurs, députés et élus de gauche, de LFI au PS, ont participé à la manifestation interdite de Toulouse ce jeudi 5 novembre, à Saint-Cyprien. Le préfet a désapprouvé cette présence qui contrevient à une décision validée par la justice.
Plusieurs élus ont participé ce jeudi 5 novembre, dans le quartier Saint-Cyprien, à Toulouse, à une manifestation que la préfecture avait interdite. Une interdiction confirmée par la justice. Et cela n’a pas été apprécié par le préfet, Fabrice Rigoulet-Roze, qui l’a écrit, jeudi, dans un communiqué, à la fin de la manifestation. Le représentant de l’État « regrette » d’abord que les syndicats aient maintenu leur appel sur l’itinéraire du centre-ville interdit et il inclut la présence des élus qui ont ainsi appelé « à méconnaître une décision de justice ».
En première ligne face aux CRS allées Charles-de-Fitte, où les forces de l’ordre ont chargé, le sénateur affilié aux Écologistes et à LFI, Marc Péré, ceint de son écharpe, a ainsi participé avec les députés LFI François Piquemal et Anne Stambach-Terrenoir à une tentative de dialogue avec la police pour que le cortège accède au centre-ville. L’élu se dit en désaccord avec une décision qui ne respecte pas, selon lui, « un droit constitutionnel » et il estime que son rôle est de « discuter avec les forces de l’ordre ».
Sur ses réseaux sociaux, François Piquemal a, lui aussi, plaidé pour « une liberté publique », en renvoyant la balle au ministère de l’Intérieur. « Ce n’est pas aux manifestants de payer le fiasco de la doctrine policière actuelle. »
Parlementaires socialistes
Des parlementaires socialistes se sont aussi mêlés aux manifestants, sans écharpe cependant. Le sénateur Thierry Suaud revendique un rôle « d’observateur » et, à ce titre, il affirme vouloir « participer à un maximum de manifestations ». Sur le fond, celui qui a été marqué par le drame Malik Oussekine en 1986 affirme être « très attaché à l’ordre républicain » et ne pas comprendre « qu’on laisse se créer un fossé entre la population, notamment la jeunesse, et la police ». Le sénateur, avec les députés Jacques Oberti et Arnaud Simion, également présents, avait écrit au préfet « pour trouver une issue favorable aux demandes syndicales ». Pour lui, la charge des CRS de ce jeudi « n’a pas été proportionnelle » au trouble à l’ordre public.
Pour sa part, Arnaud Simion précise ne pas contester la décision de justice et n’être venu « par solidarité » qu’au rond-point de Saint-Cyprien. « Si manifester n’est plus un droit, ça devient un devoir », réplique François Briançon qui est venu dans le cortège « en tant que militant » et déplore « une remise en cause du droit de manifester ».
Des élus PS de la Région sont aussi venus à Saint-Cyprien. « Je ne conteste aucune décision de justice. Je me dois de soutenir les lycéens et syndicats », avance Guillaume de Almeida Chaves. Des élus PCF, Ecologistes et Place publique participaient aussi au rassemblement.










