Pour parler du cancer du sein pendant le mois de sensibilisation Octobre rose, Tisséo propose une exposition inédite au cœur de la station de métro Capitole à Toulouse. Pour « Trajets de vie », la photographe Lydie Lecarpentier a suivi une vingtaine de femmes à différentes étapes de leur parcours de soins. Elle en a tiré des photos en très grand format, sensibles et esthétiques qui seront visibles tout le mois d’octobre. Nadège, 46 ans, a posé lors de la séance de rasage de ses cheveux, entre deux chimiothérapies. Elle raconte comment ce projet lui a « mis la banane ».
C’était la veille de la fête des mères, dans le cocon de la boutique Chouchoute à Toulouse. Ce jour-là, Nadège, 46 ans, se fait raser les cheveux avant d’essayer perruques et foulards colorés. La première chimiothérapie pour traiter son cancer du sein est terminée, elle sait que les suivantes auront raison de sa chevelure. Cette étape, Nadège a accepté de la partager avec Lydie Lecarpentier, photographe professionnelle à Toulouse, pour le projet « Trajets de vie », une exposition portée par Tisséo dans le cadre d’Octobre rose et qui retrace différents moments dans le parcours de femmes touchées par le cancer du sein.
Sur les murs nus de la station de métro Capitole, Nadège apparaîtra en noir et blanc et en grand format aux yeux des voyageurs qui emprunteront le grand escalator. Une série de sept photos parmi les vingt qui seront exposées du 1er au 31 octobre pour sensibiliser au cancer le plus fréquent et le plus meurtrier chez les femmes.

« Ce projet photo m’a mis la banane », résume Nadège, dont on devine rapidement qu’elle est très souvent souriante. « Le jour du rasage -en fait on ne rase pas, on coupe très court-, je n’avais pas peur, j’étais prête. Savoir qu’en plus, ce moment allait être valorisé et permettrait de sensibiliser les gens, ça m’a touchée. Et puis, chez Chouchoute, on ne pleure pas, Véronique (dite Chouchoute, ndlr) m’avait prévenue ! », témoigne cette maman de deux enfants âgés de 16 ans et 18 ans qui espère reprendre son travail d’auxiliaire en crèche au début de l’année.

« Maman, tu seras toujours aussi belle ! »
Les photos figent le moment. On aperçoit Nadège, les cheveux ras, se découvrir dans le miroir, jusque-là caché derrière un drap, sa main dans celle de son mari. « Au départ, je voulais être seule, pas pour me cacher mais pour ne pas faire subir aux autres ma maladie. Ce projet photo a mis du sens, il n’y a pas que la maladie. J’avais envie de montrer qu’on est toujours là, que la vie continue. Mon fils m’a poussée à participer, me disant « tu seras toujours aussi belle », il a même prévu d’aller voir l’expo avec ses copains ».
Témoin discrète, Lydie Lecarpentier a travaillé avec une trentaine de femmes volontaires pour « Trajets de vie ». « Je voulais poser un regard esthétique sur la maladie. Je n’ai pas menti dans les photos, j’ai saisi des moments particuliers dans cette période terrible pour les femmes touchées. J’étais heureuse de les voir sourire et se raccrocher à la vie », raconte la photographe qui a assisté également à une opération chirurgicale, une séance de tatouage de mamelon, une autre d’apprentissage de l’auto-palpation ou encore une session d’escrime.

Mission : auto-palpation
« Après toutes ces rencontres, je n’ai envie que d’une chose : que toutes les femmes aillent se faire dépister et surtout apprennent l’auto-palpation des seins ! C’est en s’auto-examinant qu’une des participantes, âgée de moins de 40 ans, a détecté une tumeur. Cette maladie me terrorise, j’ai pris le sujet très au sérieux, ce projet m’a aidée à la rendre très acceptable. Rencontrer des femmes qui ont accepté de se mettre à nu et, pour certaines, de poser nues, c’est un vrai cadeau pour une photographe. Pouvoir montrer des seins dans l’espace public, c’est génial », conclut Lydie Lecarpentier.
L’exposition « Trajets de vie » est à voir du 1er au 31 octobre dans la station Capitole (métro, ligne A) dans la partie accessible aux voyageurs, le long des escaliers qui permettent d’accéder aux rames ou d’en ressortir.













