À l’occasion du nouvel an martien, l’astrophysicien Sylvestre Maurice, directeur de l’IRAP, détaille les spécificités de la planète rouge et son rôle clé pour comprendre l’histoire de la Terre.
C’est le nouvel an martien aujourd’hui. Et la Cité de l’Espace a décidé de faire la fête. Une grande soirée et une émission spéciale à partir de 17h. Les équipes d’ICI Occitanie lancent également un podcast sur Mars. Parce que la planète rouge ce n’est pas juste de la science-fiction. Ce sont entre 100 et 200 scientifiques toulousains qui cherchent et étudient cette planète voisine et sœur de la terre.
Sylvestre Maurice, astrophysicien à l’IRAP, le directeur de cet Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie à Toulouse détaille pourquoi cette fête maintenant. « C’est comme un anniversaire, une année de plus. C’est la 39e année sur Mars, parce qu’on a pris le 1, l’année 1955 pour plein de raisons techniques. Ce ne sont pas vraiment des années de chez nous, parce que Mars tourne sur elle-même comme une planète en 24h et 40 minutes. Et donc une année martienne, c’est presque deux ans terrestre. »
Mars pour percer le mystère de l’origine de la vie
En raison de la présence d’eau liquide en surface il y a quatre milliards d’années, Mars offre un environnement propice à l’étude des conditions d’habitabilité primitives. Sylvestre Maurice explique : « Il faut savoir que Mars est beaucoup plus petite que la Terre. Il y a peut-être quatre milliards d’années, c’était il y a longtemps. Il y avait de l’eau liquide en surface et donc un système très intéressant qu’on dit habitable, avec les caractéristiques pour peut-être que la vie se développe, et donc c’est probablement le meilleur analogue qu’on est finalement de la Terre dans ses débuts. »
Cette configuration fait de la planète rouge le laboratoire idéal pour comprendre comment la vie a pu émerger, contrairement à une Terre dont l’histoire originelle a été largement effacée par le temps. « Vraiment, on cherche l’origine de la vie sur Terre, ça c’est une fabuleuse question, on n’est pas sûr de la trouver avec la Terre qui a un peu effacé toute cette histoire. Sur Mars, le système a pu fonctionner aussi et c’est ce qui nous intéresse. Le meilleur moyen de comprendre l’origine de la vie, c’est peut-être d’aller chercher cela sur Mars. »
L’exploration spatiale pour mieux connaitre la terre
L’exploration du système solaire et l’étude comparée des planètes fournissent le recul scientifique nécessaire pour mieux appréhender les mécanismes climatiques et géologiques de la Terre. « Grâce à l’espace qu’on va apprendre à mieux connaître la Terre. C’est tellement fabuleux d’aller comprendre les volcans sur Terre en allant un peu sur Vénus pour comprendre comment ça marche. Pareil pour les aurores boréales ou bien les atmosphères donc on a besoin de prendre du recul. Vous savez quand vous étudiez un système c’est souvent bon d’en sortir un peu de prendre du recul. C’est le recul des astronautes et puis nous les planétologues on a voyagé dans le système solaire et d’ailleurs. »
Face aux défis environnementaux contemporains, la planétologie rappelle donc que notre planète est unique. Sylvestre Maurice conclut : « J’ai voyagé personnellement pendant 30 ans dans le système solaire et je peux vous dire, il n’y a pas de deuxième Terre. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555















