En déplacement à Toulouse ce lundi, Bruno Retailleau a rejeté l’hypothèse d’un retrait de la présidentielle et les inquiétudes entourant les finances de LR. Malgré des intentions de vote encore modestes et les appels au rassemblement de la droite et du centre, le Vendéen assure qu’il ira jusqu’au bout.
« Je serai au second tour. » Bruno Retailleau n’est pas venu à Toulouse pour laisser transparaître le moindre doute. Ce lundi, le patron des Républicains avait rendez-vous avec les militants de Haute-Garonne à la Maison de la citoyenneté des Minimes, au lendemain de sénatoriales qui ont pourtant illustré, localement, les difficultés d’une droite divisée. Avant cela, il s’était entretenu dans la matinée avec Jean-Luc Moudenc.
À sept mois de la présidentielle, la candidature de l’ancien ministre de l’Intérieur peine encore à décoller. Selon les configurations testées dans les dernières enquêtes d’opinion, Bruno Retailleau recueille généralement entre 7 et 10 % des intentions de vote au premier tour. Un niveau qui nourrit les interrogations à droite, alors que trois candidatures se dessinent dans cet espace politique, avec Édouard Philippe et Gabriel Attal.
Dimanche, Jordan Bardella en a rajouté une couche en prédisant son retrait en janvier. « Je comprends que Jordan Bardella voit dans ma candidature une vraie menace », réplique Bruno Retailleau, qui attaque en retour les « boniments » du RN et revendique sa « rupture » avec le macronisme.
Alors que Bruno Retailleau finira par se désister pour Édouard Philippe, nous voulons tendre la main aux patriotes sincères de LR pour les appeler à travailler à nos côtés.
Le RN est aujourd’hui une force d’ouverture et de rassemblement. @publicsenat pic.twitter.com/TwEC87dG26
— Jordan Bardella (@J_Bardella) September 27, 2026
« Ça renforce ma détermination »
Autre caillou dans sa chaussure : les finances des Républicains. Marianne a récemment évoqué des caisses exsangues et rapporté l’hypothèse d’un accord avec Édouard Philippe qui conduirait Bruno Retailleau à se retirer en janvier. « Une fake news », balaie l’intéressé. « Quand certains disent : ‘Il va se rallier, il ne sera pas au premier tour’, quand d’autres disent : ‘Il ne va pas avoir les moyens d’y aller’ […], ça renforce quotidiennement ma détermination. »
Et si LR devait financer une campagne avec le risque de rester sous les 5 % ? Bruno Retailleau assure que son parti a « appris de [ses] erreurs » et compte mener une campagne moins dispendieuse : « On n’est pas obligé de multiplier des meetings qui coûtent des centaines et des centaines de milliers d’euros. »
La veille, les sénatoriales de Haute-Garonne lui ont offert une démonstration des risques de la dispersion. La liste conduite par Pierre Médevielle, sur laquelle figurait Brigitte Micouleau, a obtenu deux sièges, tandis que trois sont revenus à la gauche. Une liste dissidente de droite conduite par Pierre Lattard a recueilli 134 voix. « Lorsqu’on est divisé, on s’affaiblit. C’est la leçon de cette sénatoriale », reconnaît Bruno Retailleau.
Mais pas question pour autant d’en tirer la conclusion d’un rapprochement national avec le centre. Celui qui avait rencontré Jean-Luc Moudenc quelques heures auparavant rejette un « gloubi-boulga » droite-centre qui reproduirait selon lui le « en même temps » macroniste. Édouard Philippe a pourtant récemment tendu la main aux différentes formations de cet espace politique. Bruno Retailleau, lui, maintient sa ligne : « Il faut être de droite. »











