Quatre hommes dans une voiture sous l’emprise de l’alcool et du protoxyde d’azote, le fameux gaz hilarant aux effets dévastateurs. Cinq piétons, dont deux filles, pris pour cible et invectivés. Et au bout de l’altercation, quartier Saint-Aubin, à Toulouse, un jeune homme qui venait tout juste de fêter ses 25 ans, tué à l’arme blanche en pleine rue. Si les enquêteurs tentent encore de faire la lumière sur l’enchaînement des faits, le drame du week-end surprend peu les riverains amers. Explications.
Des paroles malheureuses, maladroites, déplacées. Hostiles ? Peut-être un peu tout ça à la fois. De la voiture dans laquelle circulent quatre hommes, dans la nuit de samedi à dimanche, quartier Saint-Aubin, à Toulouse, auraient fusé des propos agressifs au passage d’un groupe de cinq piétons, rue Palaprat. Trois garçons, accompagnés de deux filles.
Protoxyde d’azote et paroles déplacées ?
Parsemé de bars et d’établissements de nuit dans lesquels la jeunesse décompresse, particulièrement le week-end, le quartier est régulièrement le théâtre de ces rencontres d’après-boire qui, parfois, dégénèrent. Selon nos informations, les occupants du véhicule auraient consommé ce soir-là de l’alcool et du protoxyde d’azote, le fameux « gaz hilarant » que ses adeptes inhalent dans des ballons de baudruche.
Aux paroles piquantes du quatuor, le quintet répond. Mélodie du malheur. La suite ? Elle paraît encore nébuleuse malgré les premières auditions des participants. Des échanges de coups précèdent le geste fatal. « Une rixe entre tout ce beau monde », relève un connaisseur du dossier.
A-t-il agi par peur ? Par vengeance ? L’un des piétons, un homme de 23 ans, natif de Toulouse, a soudain dégainé un couteau. Le passager avant descendu de voiture avec ses camarades pour « s’expliquer » est touché au thorax. « Ils se sont branchés et ça a fini dans le sang », résume tristement un membre des forces de l’ordre.
Massage cardiaque
En dépit d’un massage cardiaque prodigué par un témoin de la scène, puis de l’intervention des secours, Léo a été déclaré mort sur place, peu après 1 heure du matin. Il venait tout juste de fêter ses 25 ans. « Je suis profondément choquée par le meurtre de ce jeune homme, presque sous mes fenêtres », soupire une riveraine à bout.
« Ce drame était malheureusement prévisible et pourrait avoir lieu chaque nuit. Et sans qu’aucun riverain ne réagisse, tellement ils sont habitués aux hurlements des jeunes alcoolisés, aux autos qui vrombissent et klaxonnent, dans l’indifférence des autorités, auxquelles on ne téléphone même plus », peste-t-elle.
« Insécurité chronique » ?
Le couteau ensanglanté a été saisi par les enquêteurs. L’auteur présumé du meurtre a été interpellé peu après dans un Foyer de jeunes travailleurs (FJT). Il a été placé en garde à vue par les enquêteurs de la Division de la criminalité territoriale (DCT), de même que les sept autres protagonistes liés au drame. Leurs auditions devraient permettre d’affiner le rôle de chacun, dans les heures à venir.
Un autre habitant du quartier Saint-Aubin s’indigne. « Chaque nuit, il y a des rixes, des agressions verbales, des dégradations. Les rues de la Colombette, Palaprat, et Gabriel-Péri sont souillées de vomi et d’urine. On voit des jeunes, parfois mineurs, dans des états proches de l’inconscience. Cela crée une insécurité chronique pour les passants, les touristes, les riverains… ».
Le suspect principal était, jusqu’alors, totalement inconnu de la justice. Selon nos sources il ne reconnaîtrait pas, à ce stade, avoir porté le coup de couteau mortel. Les investigations se poursuivent.













