Malgré la récente loi interdisant le démarchage téléphonique, les appels indésirables n’ont pas disparu. Un retraité témoigne du « harcèlement » qu’il subit, avec jusqu’à onze appels reçus entre 15 heures et 20 heures. Pour contrer les démarcheurs, un développeur toulousain a créé l’application gratuite Saracroche qui bloque plus de 16 millions de numéros. En un an, elle a séduit 2,5 millions d’utilisateurs et pourrait se développer à l’étranger.
Un numéro que vous ne connaissez pas, qui sonne mais dont l’interlocuteur ne laisse jamais de message. Si vous décrochez, on vous proposera probablement d’acheter un contrat d’assurance ou d’énergie. Pour Jean-Paul, c’en est trop. « Hier, j’ai reçu onze appels entre 15 heures et 20 heures. J’ai décroché deux fois… on m’appelait pour faire le point sur mon compteur Linky. Je pense même avoir eu un robot à l’autre bout du fil… À chaque appel, je bloque systématiquement le numéro, mais j’ai l’impression que ça ne sert à rien », se désole ce retraité toulousain.
Jean-Paul s’est tourné vers la plateforme 33700.fr mais face au nombre de numéros à signaler, il a renoncé. « J’en ai marre de ces appels. Je constate une recrudescence. Depuis trois semaines, j’en reçois au moins trois par jour, c’est du harcèlement ».
Ce témoignage n’étonne pas Camille Bouvat. En mars 2025, le Toulousain a créé l’application pour Iphone Saracroche, étendue en août 2025 aux smartphones Android. Derrière ce nom digne de la blague de potache, se cache une application simple et gratuite qui bloque les appels indésirables grâce à une base de plus de 16 millions de numéros identifiés par l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques). Les utilisateurs peuvent aussi signaler les numéros indésirables depuis l’application.
« Un ralentissement en août mais le problème est toujours là »
En un an, Saracroche a séduit 2,5 millions de personnes. Mais elle aurait tout aussi bien pu faire flop avec l’arrivée, le 11 août 2026, de la loi interdisant le démarchage téléphonique sauf si l’appel concerne un contrat en cours ou si l’entreprise a obtenu au préalable le consentement du consommateur à être sollicité. « Au moment de l’entrée en vigueur de la loi, j’ai reçu moins de mille signalements par jour. Mais ça n’a pas duré. A la rentrée, j’atais à 5000 signalements par jour et aujourd »hui je suis entre 8000 et 10 000, comme avant la loi. Et la courbe des installations de l’appli continue de progresser, preuve que le problème est toujours là », explique le développeur toulousain.
« Je n’ai pas d’objectif chiffré, j’ai créé Saracroche pour rendre service. Au départ, c’était pour moi et mes proches mais ça a pris une autre tournure et c’est devenu mon activité à temps complet. C’est super de travailler sur un projet utile et d’en vivre, mais en même temps, c’est triste que cette application doive exister », déclare Camille Bouvat qui aimerait partager ses informations avec les plateformes Signal conso ou 33700 pour optimiser les résultats.
Saracroche pourrait également se développer dans d’autres pays demandeurs comme l’Espagne, l’Italie, le Portugal ou la Belgique.
















