Si la mairie de Toulouse a autorisé l’ouverture des commerces demain dimanche 1er novembre, beaucoup de boutiques vont garder le rideau tiré. Une autorisation donnée trop tardivement et l’ambiance anxiogène en ville freinent beaucoup de commerçants à exercer leur activité malgré un chiffre d’affaires très affaibli.
« Non je n’ouvrirai pas demain, assure Anne-Laure, commerçante rue de Metz. Nous sommes heureux de cette autorisation donnée par la Ville. Nous l’attendions mais elle a été donnée un peu tard pour mettre en place une organisation. De plus, demain dimanche, c’est le 1er novembre, jour de la Toussaint et beaucoup de gens vont au cimetière. Ce n’est pas vraiment un jour de shopping. En revanche, je pense qu’après cela sera possible à condition bien sûr que la situation s’apaise en ville et que l’ambiance redevienne bienveillante. »
Cela peut paraître étonnant mais la décision vendredi prise par arrêté municipal exceptionnel ne semble pas inciter les commerçants à une ouverture spontanée. Même si, à cause des manifestations à répétition, certaines boutiques ont enregistré une chute importante du chiffre d’affaires. « Plusieurs points freinent cette ouverture, estime la responsable de Pylones. Tout d’abord il y a le Marathon de Toulouse qui va entraîner par mesures de sécurité beaucoup de rues barrées et peu de passage pour le public, ensuite l’annonce de la Ville est arrivée trop tard hier vendredi. Et enfin je ne suis pas certaine que le dimanche soit traditionnellement un jour de shopping. C’est plutôt la balade en famille. Nous ne sommes pas à Paris. »
« Tant que ce chaos durera, rien ne sera comme avant »
L’enseigne Levi’s enfonce encore le clou : « Une ouverture le dimanche n’est pas dans l’ADN des Toulousains. Ici rue Saint-Rome, aucun commerçant n’ouvre ce jour-là. Au départ, nous étions les seuls. On a stoppé. Et puis, actuellement, l’esprit des gens n’est pas en mode shopping. Loin de là. Excepté pour certains au pouvoir d’achat suffisant, les gens pensent davantage à acheter le nécessaire. »
Rue Alsace, même discours au sein de nombreuses enseignes : « on n’ouvrira pas ce dimanche, note une boutique de sport. Après on va voir. Tout dépendra de la situation ». Magali, cliente dans une boutique de bijoux, estime que tant que durera ce climat inquiétant avec ses magasins bardés de bois et des manifestations qui peuvent à tout instant dégénérer, rien ne reprendra comme avant. Espérons que cela finisse vite. » Un constat qui ne va pas contribuer à doper le chiffre d’affaires et l’économie de la ville.















