Les lycéens sont toujours mobilisés dans l’académie de Toulouse pour demander de meilleures conditions d’apprentissage. 18 établissements publics resteront fermés ce lundi et proposeront « une continuité pédagogique ». La FCPE 31 soutient les revendications des lycéens mais dénonce la violence.
Le mouvement des lycéens pour dénoncer le manque de moyens dans les établissements scolaires reprend cette semaine. Les cours seront « totalement ou partiellement » suspendus dans 400 à 500 lycées lundi, selon le gouvernement. Dans l’académie de Toulouse, 18 lycées resteront fermés ce lundi. Dans ce contexte, Pascale Rossard, la présidente de la FCPE 31 , première fédération de parents d’élèves de l’enseignement public en France, est l’invitée d’Ici Occitanie.
Ici Occitanie : Ce mouvement vous inquiète-t-il ou le soutenez-vous ?
Pascale Rossard : Bien-sûr, on soutient le mouvement, les revendications des lycéens correspondent à ce que nous dénonçons depuis des années. Il y a un problème de moyens relatifs à l’éducation. Ce qu’ils dénoncent, nous le constatons.
Qu’est-ce que vous constatez concrètement ?
Nous participons à toutes les instances avec l’Education nationale dans le département. On voit que des postes sont non pourvus, des professeurs non remplacés, il y a un manque de personnels médico-sociaux, des classes surchargées, des bâtiments qui sont inadaptés. On le dit depuis longtemps donc nous ne pouvons que soutenir les lycéens et nous allons nous joindre à eux.
Certains syndicats évoquent un mouvement « gilets jaunes lycéen », vous pensez-que ça peut prendre la même ampleur ?
Difficile à dire pour l’instant. Est-ce que la réponse du gouvernement sera à la hauteur des enjeux? Nous avons en face de nous notre jeunesse, la réponse aux gilets jaunes a été une répression massive. Espérons que les pouvoirs publics prennent conscience qu’en face d’eux ils ont des jeunes qui revendiquent des conditions meilleures d’études pour leur avenir. On ne peut pas faire abstraction du fait qu’ils puissent être inquiets aussi. J’espère qu’il y aura une concertation.
Quand on est parent d’élève et qu’on voit des établissements scolaires partiellement dégradés, des feux de poubelles, des heurts avec les forces de l’ordre, que se dit-on ?
Nous ne pouvons que dénoncer la violence, sous toutes ses formes, qu’elles soit institutionnelle, policière. De toute façon la violence n’est pas une réponse acceptable pour nos jeunes, ils ont besoin d’écoute, de dialogue, d’espace pour être entendus. Donc j’espère que les pouvoirs publics vont pouvoir prendre la mesure de ce qui se joue en ce moment.
Quels consignes et quels conseils vous donnez à vos enfants en tant que parent en ce moment ?
Nos jeunes ont le droit de revendiquer, de s’exprimer comme tous citoyens. Notre école de la République forme d’ailleurs des citoyens. On ne doit pas infantiliser les lycéens. Mais toute violence, dégradation de l’espace public, ce sont nos communs. Les abîmer, cela pénalisera les lycéens eux-mêmes. Le conseil régional en a pour des millions d’euros de facture, qu’on préfèrerait voir investir ailleurs. Parfois la colère dégénère parce qu’il n’y a pas d’écoute en face. Il faut que les dirigeants soient responsables. Nous, on demande aux parents qui le peuvent d’accompagner leurs enfants à l’ouverture du lycée à 7h30 pour les soutenir, protéger, surveiller et se mobiliser, ouvrir une chaîne autour des lycéens.
Vous appelez à faire bloc avec les lycéens et les enseignants ? Deux syndicats d’enseignants appellent d’ailleurs à la grève ce mardi, les parents d’élèves doivent faire partie des cortèges ?
Nous allons appeler à une mobilisation pacifique, parce que je pense que c’est le moment, nous sommes dans une année électorale, on va demander des moyens pour l’école publique car le pacte républicain est en jeu. Il faut que nos dirigeants soient à la hauteur du dialogue revendiqué.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555













