En marge du rassemblement contre la contre la vie chère à Toulouse samedi 31 octobre, des manifestants, poussés par la dispersion menée par les forces de l’ordre, se sont retrouvés dans la foire de la Colombette. Des lacrymogènes ont été lancées dans la rue, alors que les commerçants exposaient.
Ce 31 octobre, à Toulouse, alors qu’aucune manifestation n’a été officiellement déclarée en préfecture, un acte III de la mobilisation contre la vie chère a quand même eu lieu. En milieu d’après-midi, suite à une dispersion menée par les forces de l’ordre, largement déployées dans la ville rose, des manifestants se sont retrouvés en plein milieu de la foire de la Colombette. La situation a dégénéré lorsque des grenades lacrymogènes ont été lancées dans la rue où se tenait ce grand marché à ciel ouvert, « alors qu’il y avait encore plein de familles ».
« Ce qui me choque, c’est l’organisation. Est-ce que la préfecture avait anticipé ? »
La 82e édition de la foire de la Colombette battait son plein samedi. Autour des différents stands des artisans, commerçants et producteurs, le public était nombreux. « Des familles, des enfants, des personnes âgées », relate une exposante. Pour Géraldine, céramiste, tout se passait très bien. Lorsque les premiers manifestants arrivent dans la rue étroite de la Colombette, « ça se passe très bien, l’ambiance est bon enfant. Ils ont même regardé ce que l’on vendait, on a discuté avec eux, c’était bien », raconte la commerçante.
Mais d’après elle, « il y a eu un changement assez brutal, quand des lacrymos sont arrivées en plein milieu de la foire ». Les forces de l’ordre, arrivées en nombre autour de l’événement, ont demandé aux commerçants de rapidement quitter les lieux, « car la manifestation se rapprochait ». Une bijoutière raconte. « Je me suis réfugiée car j’entendais les grenades de désencerclement et les gens dire ‘ça gaze, ça gaze’. On voyait beaucoup de manifestants remonter la Colombette pour essayer de fuir les gaz ».
D’après un libraire, tous les cortèges autour du quartier étaient nassés. Les groupes de manifestants se sont donc retrouvés aux deux extrémités de la rue de la Colombette. « Et puis on a vu un premier cordon de CRS au bout de la rue », se souvient-il. Le commerçant est alors sur son stand, en train de ranger ses affaires, aidé par sa compagne. « Les forces de police se rapprochaient de plus en plus, et il étaient même au niveau des premier stands. Ma compagne a été interpellée. Ce qui lui est reproché c’est outrage à agent. Elle était là pour leur dire d’arrêter, que l’on était que des commerçants. Parmi les personnes qui contestaient devant les CRS, il y avait toute l’organisation de la foire ». Une autre commerçante, en colère, ajoute. « Ce qui me choque, c’est l’organisation. Est-ce que la préfecture avait anticipé ? ».
« On se sent à l’abandon »
La foire ferme alors ses portes plus tôt que prévu, aux alentours de 16h30. D’après l’organisation, les commerçants, sur la journée de samedi, ont perdu en moyenne 50% de leur chiffre d’affaires. François Scheerens, président de l’amicale de la Colombette et organisateur de la foire ne comprend pas comment la situation a pu dégénérer aussi vite. « On n’a jamais été mis au courant des mouvements de la manifestion. On a comme l’impression que la stratégie a été de regrouper les manifestants vers la foire. Ca me met en colère, on aurait pu mieux gérer les choses. Le système de dispersion n’est peut-être pas la bonne chose. On a le sentiment d’être laissé à l’abandon ».
L’organisateur explique qu’un signalement sera fait auprès de la préfecture pour comprendre pourquoi la situation a dégénéré aussi vite.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555


















