Une manifestation non autorisée, considérée comme une « Acte III », a rassemblé plus de 2 000 personnes ce samedi à Toulouse selon la préfecture. Les manifestants, pour certains déguisés à l’occasion de Halloween, ont défilé, entraînant des heurts avec les forces de l’ordre. Au cours de l’après-midi, 45 interpellations ont eu lieu et plusieurs blessés légers ont été signalés. On vous raconte ce qu’il s’est passé.
Bien qu’elle ne soit ni déclarée, ni autorisée, une manifestation a bien eu lieu ce samedi dans les rues de Toulouse. Un appel au rassemblement, largement diffusé sur les réseaux sociaux, donnait le rendez-vous à 14 heures à Jean-Jaurès.

Dès 13 h 30, la gendarmerie était présente et contrôlait les allées et venues des passants aux abords de la place. Plusieurs barrages filtrants ont été mis en place, avec des fouilles des sacs. De nombreux Toulousains se sont quand même rassemblés, au niveau du métro. « Il faut continuer à se battre pour nos droits », indique l’un d’eux. Selon la préfecture, plus de 2 000 manifestants étaient présents dans la Ville rose. Un chiffre bien plus bas par rapport aux mobilisations antérieures.
Très vite, les premières sommations se sont fait entendre. Depuis la place Wilson, les forces de l’ordre ont fait remonter la foule sur les allées Jean-Jaurès. Des passants se sont retrouvés bloqués, malgré eux. « On est enfermés ! » s’est inquiété un passant cherchant une issue, alors que plusieurs rues étaient verrouillées.
De nombreux costumes dans le cortège
Le cortège a remonté les allées Jean-Jaurès. Halloween oblige, nombreux sont venus vêtus d’un costume sur les épaules : pirate, poulet, clown, prisonnier, Mario, fantôme… « Les manifestations, c’est aussi fait pour s’amuser », sourit l’un d’eux, déguisé en saucisse.

Un manifestant a grimpé sur la statue Pierre-Paul Riquet pour y accrocher un drapeau tricolore avec inscrit « La Haine ». Vers 15 heures, en haut des ramblas, des jets de lacrymogènes ont commencé à disperser la foule et des premiers heurts ont éclaté.
Une partie du cortège a poursuivi sa route vers le quartier Marengo, empruntant la rue de Périole puis la rue du Faubourg-Bonnefoy, toujours sous la surveillance des forces de l’ordre. Une première poubelle a été incendiée dans ce secteur. À 16 heures, un canon à eau a été déclenché pour les disperser. Plusieurs groupes différents se sont formés : autour de la médiathèque, vers François Verdier et dans l’hypercentre.

Une scène violente aux Carmes
Vers 17 heures, un attroupement, encore présent à François-Verdier, a été dispersé par des gaz lacrymogènes. Certains se sont dirigés vers les Carmes, dont Maël, 19 ans, qui a été attrapé par un membre des forces de l’ordre et a reçu des coups sur la terrasse du bar « La Loge ». Les clients présents décrivent « une scène d’une violence démesurée et disproportionnée ».
« Ils m’ont balayé, je suis tombé au sol, puis j’ai reçu des coups dans les côtes, les jambes et les bras. J’ai cru mourir, je n’ai pas compris », témoigne Maël, qui va bien mais ressent encore des douleurs. Les policiers sont partis sans l’interpeller. « Je ne veux pas dire que la police fait mal son travail pour autant, là ce ne sont que quelques individus », note-t-il.
Les rassemblements, qui n’étaient pas autorisés, ainsi que les violences commises en marge (jets de projectiles, feux de poubelles, outrages, port d’arme…), ont donné lieu à 45 interpellations à Toulouse. Les services de secours ont pris en charge trois blessés légers. Quatre membres des forces de l’ordre ont également été blessés ce samedi.
















