C’est la fin d’une icône du Facebook toulousain. Entre photos sépia et vidéos générées par IA, Tolosa Archives avait conquis des dizaines de milliers d’abonnés avant de sombrer dans le fait-divers viral. Hugo, son créateur, jette l’éponge, épuisé par un modèle numérique où la visibilité ne lui rapporte rien. Naufrage d’une page qui a confondu nostalgie et buzz.
« Je supprime Tolosa Archives dès ce soir, c’est la dernière fois que je fais gagner Facebook sur mon dos. » C’est par ce post amer, accompagné d’une photo des allées Jean-Jaurès d’autrefois, que ce compte Facebook suivi par des dizaines de milliers d’abonnés a clôturé son activité trépidante, il y a quelques jours. Créé en août 2025 par Hugo, un coach sportif toulousain en quête de reconversion, le profil partageait des photos d’archives de la Ville rose, réveillant les souvenirs de nombreux internautes et faisant découvrir le Toulouse d’autrefois. Colonnes des Minimes, pêcheurs de sable sur la Garonne, calèches place du Capitole… Il rassemblait les nostalgiques de l’urbanisme d’antan, qui regrettaient par là dans leurs commentaires la disparition d’un certain patrimoine.
Hugo piochait ces photos sur Google, sans être toujours assuré de l’autorisation à en disposer, et les retravaillait avec l’aide de l’intelligence artificielle. Au fil des mois, son audience a grimpé en flèche et son contenu a évolué, quitte à décevoir une partie de sa communauté d’origine. L’auteur a utilisé l’IA de façon à créer des vidéos de toutes pièces, comme celle de la présentation du Concorde place du Capitole, plus vraie que nature, qui n’a pourtant jamais eu lieu. Il avait également ouvert une cagnotte en ligne dans le but, disait-il, de s’acheter du matériel de professionnel.
En début d’année, à défaut d’avoir récolté beaucoup d’argent et toujours en quête d’un maximum de visibilité, Hugo avait changé de ligne éditoriale et postait des vidéos de violences urbaines tournées à Toulouse, sans les contextualiser. Une « Scène d’apocalypse en plein cœur de Toulouse », boulevard Carnot, ou une bagarre place Wilson lui ont bien valu jusqu’à 1,5 million de vues en une journée, mais elles ont aussi apporté leur lot de déçus parmi les amoureux de cartes postales sépia.
Malgré toutes ses tentatives, la page Facebook n’a pas trouvé de sponsor et le constat est là : « Il est clairement impossible de vivre de sa passion malgré les millions de vues. Je suis content de tourner la page, c’est très usant, on n’y gagne rien financièrement et on obtient beaucoup de haters ». Avec la fin de cette page, c’est le mirage d’un succès numérique qui disparaît. Tolosa Archives aura illustré les limites d’un modèle où la viralité des contenus ne garantit ni la crédibilité, ni les revenus.






















