Mauvaise nouvelle pour les voyageurs qui avaient programmé un départ ce printemps. Transavia, filiale low-cost du groupe Air France-KLM, a confirmé dimanche 27 avril l’annulation d’une partie de ses vols prévus en mai et juin 2026. La raison ? Une flambée historique du prix du kérosène, directement provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz depuis fin février. Une décision qui concerne potentiellement des milliers de passagers à travers toute la France, y compris au départ de Toulouse-Blagnac.
Moins de 2 % des vols, mais une annonce qui fait l’effet d’une bombe
Révélée en premier par RMC avant d’être confirmée à l’AFP par un porte-parole de la compagnie, l’annonce a rapidement fait le tour des médias. Transavia précise que les suppressions portent sur “moins de 2 % du programme de vols sur la période mai-juin”, soit environ 400 rotations au total. Sur le papier, le chiffre semble limité. Dans les faits, pour les passagers qui se retrouvent sur l’une de ces lignes supprimées, souvent des liaisons loisirs à faible marge ou des horaires peu demandés, le pourcentage ne change pas grand-chose au problème.
La compagnie assure que chaque voyageur concerné sera contacté individuellement par SMS ou e-mail. Trois options lui seront proposées : un report sans frais, un avoir, ou un remboursement intégral. Pour la majorité des vols annulés, un réacheminement dans les 24 heures serait même envisageable, selon la compagnie.
Pourquoi le kérosène a plus que doublé en quelques semaines
Pour comprendre la décision de Transavia, il faut remonter à fin février. Depuis le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran a bloqué le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitent en temps normal près de 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures. Le résultat est brutal : le prix de la tonne de kérosène est passé de 750 à 831 dollars à plus de 1 800 dollars en quelques semaines à peine, soit une multiplication par 2,5.
L’Europe se retrouve particulièrement vulnérable, elle qui importe habituellement la moitié de son carburant d’aviation depuis les pays du Golfe. Et le secteur aérien encaisse de plein fouet : le kérosène, qui représentait environ 25 % des coûts d’une compagnie avant la crise, en pèse désormais entre 40 et 45 %. Face à ce mur financier, les annulations sont devenues inévitables.
Transavia n’est pas un cas isolé : tout le secteur sous pression
La low-cost d’Air France-KLM est loin d’être la seule à plier sous le choc. Volotea a déjà supprimé plusieurs dizaines de vols en avril et mai, touchant notamment des liaisons entre la France continentale et la Corse. Lufthansa a annoncé la suppression de 20 000 vols, principalement des court-courriers européens, et a précipité la fermeture de sa filiale régionale CityLine. Air France, elle, a préféré encaisser la hausse via deux revalorisations tarifaires successives en l’espace d’un mois, tout en prolongeant la suspension de ses vols vers Dubaï, Riyad, Tel Aviv et Beyrouth.
Ryanair n’est pas en reste. Son PDG Michael O’Leary a tiré la sonnette d’alarme fin avril, évoquant une possible réduction allant jusqu’à 10 % des vols entre mai et juillet, et n’excluant pas que deux ou trois compagnies européennes fassent faillite d’ici l’automne.
Et en Occitanie, qu’en est-il du côté de Toulouse-Blagnac ?
Les passagers au départ de Toulouse-Blagnac ne sont pas épargnés. Transavia opère plusieurs liaisons depuis l’aéroport toulousain, et certaines rotations figurent potentiellement parmi les vols concernés. Volotea, également présente sur la plateforme, traverse les mêmes turbulences tarifaires.
Paradoxalement, la crise pourrait jouer en faveur de la destination Occitanie. Face à l’incertitude sur les billets d’avion et à la hausse des prix, les Français se tournent massivement vers des vacances dans l’Hexagone : 51 % d’entre eux déclarent vouloir rester en France cet été, soit 15 points de plus que l’an dernier. L’Occitanie, avec ses attraits naturels, culturels et gastronomiques, fait partie des régions qui enregistrent un regain notable de réservations.
Que faire si votre vol est annulé ?
Si vous avez une réservation Transavia pour mai ou juin, le réflexe à avoir est de vérifier régulièrement votre espace client sur le site officiel de la compagnie, sans attendre de recevoir un SMS ou un e-mail. En cas d’annulation avérée, le règlement européen CE 261/2004 vous protège : il prévoit une indemnisation forfaitaire pouvant aller jusqu’à 600 euros par passager selon la distance du vol, en plus du remboursement ou du réacheminement.
Un été sous haute tension pour le transport aérien
La situation est loin d’être stabilisée. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estimait mi-avril que l’Europe ne disposait plus que de “six semaines” de stocks de carburéacteur. Le gouvernement français a évoqué la possibilité de libérer une partie de ses réserves stratégiques, tandis que l’IATA, l’organisation mondiale des compagnies aériennes, a appelé les autorités à se coordonner en vue d’un éventuel rationnement. À Bruxelles, le commissaire européen Dan Jorgensen a lui-même reconnu que l’Union européenne “s’approchait très rapidement” d’une potentielle crise d’approvisionnement. Pour les voyageurs, la prudence reste de mise.
















