Les motos électriques s’imposent dans les règlements de comptes toulousains. Silencieuses et rapides, elles deviennent l’arme privilégiée des tueurs, comme lors de la dernière fusillade des Pradettes qui a grièvement blessé un jeune homme.
« C’était une moto, sans doute électrique, car elle était silencieuse. » Le 9 avril dernier, Adil assiste à une scène de série télé, au pied d’un immeuble de Bellefontaine, à Toulouse. Un commando de deux hommes rafale les quatre occupants d’une Polo noire à l’arme automatique.
Une trottinette aux Izards ?
Ils ont approché à grande vitesse, mais sans bruit. La nouvelle arme fatale des tueurs dans ces règlements de comptes qui rythment la vie des quartiers populaires ces derniers mois, sur fond de trafic de stups.
« Les tireurs s’adaptent aux modes de déplacement modernes. La trottinette électrique est très utilisée dans ces quartiers et se fond dans le paysage. Elle permet d’approcher au plus près », relève un connaisseur du dossier. Ce serait d’ailleurs sur ce type d’engin que le tueur présumé des Izards aurait opéré pour abattre un « chouf » de 22 ans, début mai, avant de reprendre sa voiture pour s’enfuir.
« Quand ça tire, c’est trop tard »
Mais la moto électrique commence à monter en puissance. « Cela fait un an qu’elles apparaissent dans des fusillades mortelles sur Toulouse. Ils aiment particulièrement les motocross de marque Sur-Ron. Ça avance bien, c’est maniable, ça coûte 5 000 euros, c’est accessible », confirme un policier.
Un homme bien introduit dans les milieux criminels abonde. « Avec les motos classiques, les cibles vont détaler. Là, elles n’ont presque aucune chance. Elles ne s’y attendent pas, sont prises en traître. Quand ça tire, c’est déjà trop tard. »
Moto électrique aux Pradettes
Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, un jeune homme de 21 ans a été grièvement blessé au dos après avoir été pris pour cible par deux hommes circulant sur une moto silencieuse, rue Aristide-Maillol, aux Pradettes.
Pour surveiller les points de deal et assurer des « patrouilles », ces engins affichent une discrétion de banquier suisse. Des nuisances sonores minorées en amont pour les riverains engendrent moins d’appels, en aval, aux forces de l’ordre. La quadrature du cercle. Chère à certains observateurs, la « mexicanisation » de la société passera-t-elle par la révolution électrique ?












