Dans la discrète galerie d’art Serventi, à Toulouse, une famille de passionnés mise depuis quatorze ans sur des œuvres cotées et des artistes contemporains majeurs. Parmi elles, un tableau du peintre écossais Peter Doig, acheté 104 000 € il y a vingt ans, est aujourd’hui estimé à 450 000 €. On vous dit tout sur cette œuvre exceptionnelle.
La galerie Serventi existe depuis 14 ans rue d’Astorg à Toulouse, à l’abri des regards. Pourtant, elle abrite 150 m² d’art en tableaux et objets d’art. « Ma grand-mère, mon père et moi-même étions antiquaires. Au départ, on faisait François Verdier et les vide-greniers. Mon père m’a fait faire les puces de Saint-Sernin pendant 10 ans », révèle André Serventi.
Mais dans les années 2000, le marché s’écroule. « On est passé de 200 antiquaires sur la ville à zéro aujourd’hui. J’étais déjà collectionneur, je me suis réorienté vers le marché de l’art ainsi. Aujourd’hui, mes deux filles, Léa et Alix, gèrent avec moi. » Toutes deux ont suivi des études d’histoire de l’art et sont prêtes à reprendre le flambeau. Le tableau qu’il a choisi comme pièce maîtresse est sorti de la réserve pour l’occasion et figure sur un mur de peintures hétéroclites.

L’un des peintres les plus cotés au monde
« Chien froid » est le nom de l’œuvre de Peter Doig, un peintre écossais né en 1959 et encore vivant. Il est devenu en 2007 l’un des peintres contemporains les plus cotés du monde. En 2017, il est même deuxième, derrière Jean-Michel Basquiat, avec un record de vente d’un tableau à 37 millions d’euros. Il vit et travaille à Trinidad.
Cette petite pièce – il affectionne les grands formats – est réalisée sur un support de bois brut encadré de fer, conçu par le peintre lui-même. Achetée en salle des ventes – « comme tous les objets d’art ici » – au prix de 450 000 €, elle a d’abord été acquise à 104 000 € à Londres il y a 20 ans.
Sa peinture est figurative, onirique et inspirée des contes. L’œuvre de Peter Doig s’inspire des romantiques allemands, du symbolisme de Munch ou du naturalisme d’Edward Hopper. Sombre et mystérieuse, elle illustre souvent des lieux sauvages, indéfinis, abandonnés, que l’homme traverse, laissant un signe de sa présence. Les paysages sont noyés dans la nuit ou dans des halos de lumière et de brume.
Un marché de l’art complexe
Le marché de l’art est tracé et lucratif, encore faut-il bien choisir. La cote est définie par un site, Artprice, qui recense toutes les salles des ventes du monde entier. Ainsi, on vient ici choisir un tableau en fonction de sa cote, pour investir dans l’art.
Et quelle place alors au coup de cœur ? « Pour un coup de cœur, je conseille de ne pas mettre plus de 1 000 €. Dès qu’on dépasse ce prix, il faut que le tableau soit coté », telle est la devise d’André Serventi. « On vend parfois à regret, cependant ! » Et d’ajouter que le moindre sursaut international, les guerres notamment, affecte leurs ventes, jusqu’à moins 30 % récemment avec les conflits en Ukraine et en Iran.













