Alors que le démantèlement du réseau cuivre et ADSL s’intensifie dans le département, le déploiement de la fibre optique, censée le remplacer, est plus problématique à Toulouse où des milliers d’habitants attendent toujours le raccordement au haut débit. Explications.
C’est le monde à l’envers ! Dans le monde de la téléphonie, à l’heure du haut débit et de la 5G, la campagne est mieux lotie que la ville… où subsistent les dernières zones blanches. Un comble. Alors que l’on pourrait penser que les zones densément peuplées sont plus faciles à connecter au réseau que les habitats dispersés, sur le terrain, c’est tout le contraire. La faute à qui, la faute à quoi ? Pour Orange, l’opérateur majeur, qui est le seul à investir véritablement dans le développement du réseau fibre, c’est un peu la course à l’échalote.

« Nous couvrons actuellement 92 % de Toulouse intra-muros, explique Nicolas Brochot, le directeur régional. Ce qui correspond environ à 320 000 foyers raccordés sur les 350 000 logements que compte la ville. Mais il reste encore et toujours à faire, au vu de la dynamique immobilière toulousaine qui ne faiblit pas. » Résultat, si les zones rurales de la Haute-Garonne sont aujourd’hui connectées à 100 % à la fibre, la métropole est bien moins lotie avec des milliers d’habitants qui attendent toujours le graal numérique. C’est le cas aussi bien dans d’anciens quartiers comme La Faourette ou dans les plus récents comme Borderouge ou Montaudran. Et aussi bien pour des maisons individuelles que pour des immeubles collectifs, qui ne sont toujours pas connectés au réseau.
Il reste 35 000 logements à connecter
à Toulouse
« Dans notre rue, la fibre est en cours de déploiement depuis six ans, se lamente un usager excédé, mais rien n’avance et on est toujours à l’ADSL. » L’ancienne technologie dont le réseau cuivre est justement en cours de démantèlement avec une disparition programmée à fin 2030. Un chantier gigantesque… à la charge d’Orange. Encore faut-il que la fibre puisse prendre le relais. « Attention, le plus gros est fait, insiste Nicolas Brochot, mais on se heurte parfois à des problèmes techniques comme des refus de travaux de voirie ou des conduites bouchées. Il peut y avoir aussi des refus de certains syndics de copropriété qui ralentissent nos interventions. » Le directeur régional d’Orange le sait, il reste environ 35 000 logements à connecter à Toulouse, sans compter les projets immobiliers à venir. « On comprend qu’il y ait de l’impatience, mais il faut du temps. »
D’autant que l’opérateur se sent bien seul pour développer le réseau, face à des concurrents, Bouygues, SFR ou Free, qui se contentent le plus souvent de « brancher » leur clientèle pour le raccordement final en fonction du choix commercial de l’usager. À charge pour eux de louer le « tuyau » en payant quelques centimes d’euros les 100 mètres linéaires. Mais il est difficile d’en savoir plus, car le « secret des affaires » est souvent avancé… Quoi qu’il en soit, à défaut de fibre, Orange, qui plaide aussi pour le mix technologique, avance quelques suggestions pour contourner le problème. « Pour tous ceux qui n’ont pas encore un bon débit ou qui n’ont pas de connectivité, il existe des solutions via la téléphonie 5G ou le satellite qui sont tout à fait fonctionnelles. » À bon entendeur…
SFR retarde la fermeture de son « câble »
Orange n’est pas le seul opérateur à démanteler son ancien réseau de téléphonie. SFR, qui avait hérité du réseau développé par Numericable, à Toulouse principalement, est aussi censé fermer les robinets du coaxial au profit de la fibre. L’opérateur a communiqué dès la fin de l’année dernière en alertant ses clients toulousains de la fin du système au mois de juin 2026, les incitant fortement à migrer vers la fibre ou la 5G. Au prix de nouveaux abonnements et forfaits souvent plus chers. Mais l’échéance est passée et rien ne s’est produit. « Nous sommes revenus sur cette date et nous poursuivons finalement l’exploitation normale du câble en repoussant les délais d’extinction à 2027, nous a expliqué Guillaume Fauré, le délégué régional de SFR. Nous avons d’ailleurs informé nos clients de cette prorogation. Le retour d’expérience nous a contraints à nous adapter, car dans certaines zones beaucoup de clients sont encore actifs et n’ont pas migré sur les nouvelles technologies. » Seuls quelques secteurs avec peu d’abonnés ont été fermés. Et les offres commerciales de l’ancien réseau ne sont plus proposées.








