Après une opération à la clinique de L’Union il y a deux ans, un patient toulousain affirme avoir contracté un staphylocoque. Cinq opérations plus tard, il aurait perdu l’usage de son bras gauche. Désormais créateur de contenus sur les réseaux sociaux autour du milieu médical, il a publiquement raconté son histoire lors d’un live. De son côté, l’établissement défend ses protocoles d’hygiène.
« J’ai chopé un staphylocoque à la clinique de L’Union, je balance, j’en ai rien à foutre ! » Par ces mots, lancés dans un récent live sur les réseaux sociaux, Vincent Le Bescont n’a pas hésité à tacler publiquement l’établissement dans lequel il aurait été soigné il y a quelques années.
Suivi par 13 700 personnes sur TikTok, ce Toulousain crée du contenu vidéo sur le milieu médical. Lors de portes ouvertes à l’hôpital de Purpan, il a tourné des images immersives afin de montrer le travail en bloc opératoire. C’est à cette occasion qu’en plein direct, il a livré son propre témoignage, mettant en cause la structure privée située à Saint-Jean.
Une vie qui bascule
La vie de cet ancien chef d’entreprise a basculé il y a deux ans, à la suite d’une chute sur son bras gauche. « J’avais une petite infection des tissus au coude, ce qu’on appelle un hygroma », raconte-t-il. Il aurait donc été pris en charge à la clinique de L’Union. « Je suis passé au bloc et j’ai attrapé un staphylocoque à l’os, assure-t-il. J’ai ensuite subi une greffe et ai dû être réopéré à cinq reprises. »
Depuis, il ne peut plus utiliser son bras, qu’il porte en bandoulière et qui conserve de grosses cicatrices. En incapacité de travailler, il serait toujours en arrêt maladie. « Je suis désormais handicapé, c’est un peu le parcours du combattant », confie-t-il. D’autant que toute sa vie a été impactée : en grande précarité financière, il se serait même retrouvé sans abri pendant quelques semaines.
La clinique lui répond
De son côté, la clinique de L’Union a rappelé que « concernant les cas de staphylocoque, malgré l’ensemble des mesures de prévention, le respect des protocoles en vigueur et les précautions d’hygiène mises en œuvre au sein des établissements, le risque d’infection nosocomiale ne peut jamais être totalement écarté ».
Vincent Le Bescont n’a, pour l’instant, engagé aucune procédure judiciaire, en raison du coût trop élevé. Pour autant, il n’a pas peur d’en parler sur les réseaux sociaux : « C’est eux qui vont avoir, à un moment ou à un autre, mon dossier entre les mains. Je n’ai plus rien à perdre. »
Pour « remonter la pente », il a lancé cette activité de création de contenus dédiée au milieu médical local (Secours populaire, Croix-Rouge, Établissement français du sang…), avec l’espoir d’en faire, à terme, son métier à plein temps.
Les chiffres du staphylocoque
Selon Santé publique France, sur l’ensemble du territoire national, environ un patient hospitalisé sur 20, soit environ 5 %, souffre d’au moins une infection nosocomiale, c’est-à-dire contractée au cours d’un séjour dans un établissement de soins. Le staphylocoque doré est à lui seul responsable de près de 13 % à 16 % de toutes ces infections. L’Occitanie se situe dans la moyenne nationale : le staphylocoque doré représente environ 14 % à 15 % des bactéries identifiées dans les hôpitaux de la région.












