Aucune loi nationale n’interdit aux habitants de se balader torse nu en ville. C’est aux mairies que revient la décision. À Toulouse, l’arrêté préfectoral en vigueur interdit la nudité et les tenues indécentes dans les parcs, les jardins et les espaces verts depuis 2019, mais pas dans les rues. Face à cette sensibilité, les Toulousains sont partagés : peut-on se balader sans T-shirt dans la Ville rose ?
Il fait chaud, très chaud. Et face à la montée des températures, certains n’hésitent pas à enlever le haut. De plus en plus de communes mettent en place des arrêtés interdisant aux habitants et aux touristes de se promener en maillot de bain dans les rues. À Narbonne, La Grande-Motte ou Cannes, les personnes aperçues torse nu risquent même jusqu’à 150 euros d’amende. Pour Toulouse, c’est différent : n’étant pas située en bord de mer, la Ville rose n’est pas habituée à voir défiler des centaines de personnes « topless ».
Rien, en soi, n’interdit aux Toulousains de se promener sans T-shirt dans la rue. Mais pour les parcs, jardins et espaces verts, l’arrêté municipal publié le 9 décembre 2019 et modifié le 27 octobre 2023 stipule toutefois bien les choses : « Les usagers des sites doivent conserver une tenue décente et un comportement conforme à l’ordre public. La nudité ainsi que les tenues indécentes sont interdites ». Là aussi, l’amende s’élève à 150 euros.
« On devrait être plus tolérant »
L’application de ces arrêtés fait débat au sein de la population toulousaine. Alors que Jordan, étudiant à l’université Capitole, pense qu’ »avec cette chaleur c’est soulageant de se mettre torse nu », d’autres, comme Clothilde, également étudiante à Toulouse, parlent carrément d’une atteinte au « vivre-ensemble ». « Nous n’avons pas forcément envie de voir ça dans la rue », déplore-t-elle.
Un avis partagé par Marc et Anne-Claire, accompagnés de leurs deux enfants. Cette dernière espère plus de pudisme : « C’est une bonne chose d’interdire cette tenue dans les rues, certains endroits sont faits pour ça », explique-t-elle en indiquant Toulouse Plages avec ses doigts.
Julien, étudiant natif de Toulouse revenu pour les vacances, pense plutôt que la sanction est disproportionnée. « 150 euros, c’est trop », déclare-t-il. Puis Mehdi, son ami venu visiter Toulouse depuis la Côte d’Azur, s’accorde : « Ici, enlever son T-shirt n’a pas vraiment de sens, mais dans les villes bordées par la mer, on devrait être plus tolérant ».

Rodrigo, quant à lui, travaille dans le BTP et pendant la canicule, son activité ne s’arrête pas. Donc, dès que les conditions de sécurité le lui permettent, il enlève directement son haut : « Je n’ai pas le choix, c’est très physique, il fait trop chaud et je ne peux pas travailler sinon ».











