Deux quinquagénaires au casier judiciaire bien fourni comparaissaient ce mardi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour le cambriolage d’une société d’éclairage télévisuel à Colomiers. Interpellés en flagrant délit après avoir dérobé une camionnette géolocalisée à Balma, les deux hommes ont soutenu avoir été embauchés par un inconnu croisé dans un parc pour un banal « déménagement ». Face à ces explications rocambolesques et à une défense jugée peu crédible par la présidente, les juges ont rendu leur délibéré. Entre flagrant délit incontestable, dénégations surprenantes et soupçons sur un précédent vol de 50 000 euros, retour sur une audience correctionnelle pour le moins déroutante.
« On s’est croisés par hasard dans un parc deux jours avant les faits. Il m’a proposé 500 € pour travailler avec lui, je pensais que c’était légal ». Les explications fournies par cet homme de 57 ans, dans le box des prévenus, surprennent la présidente de l’audience correctionnelle de Toulouse ce mardi 28 juillet. La jeune magistrate en perdrait presque le fil de ses questions.
Le second suspect, 59 ans, installé également dans le box, est tout aussi déroutant. Le récit paraît totalement délirant. Il n’y avait pourtant pas énormément de mystère après l’arrestation menée par la police nationale à Colomiers ce samedi après un cambriolage dans une société spécialiste de l’éclairage pour des tournages télévisés. C’est déjà la deuxième fois que ce local peu visible depuis l’extérieur est victime d’un vol avec effraction. La première fois, les suspects étaient repartis avec un butin proche de 50 000 €. Cette fois-ci, il avoisine les 20 000 €.
Une tournée nocturne tracée au mètre près par la police
« Comment avez-vous choisi ce magasin précisément ? Est-ce une commande ? », interroge la magistrate. « Non, nous devions toucher 500 € pour conduire un camion et récupérer du matériel », assure l’un des mis en cause.
« Vers 3 heures du matin, une camionnette Fiat est volée à Balma. Elle est équipée de trackers. La police, rapidement prévenue, constate que le véhicule bouge. Et il s’arrête à Bordeblanche, juste devant le local », résume la magistrate. Bizarre.
Des vacances toulousaines qui tournent au vol avec effraction
« Vous êtes venu en France pourquoi ? Accomplir cette mission ? ». « Non, en vacances. On s’est rencontrés purement par hasard. Rien n’était prévu. Je pensais aider une personne à déménager, j’ai compris que c’était interdit quand la police est intervenue au moment de décharger le camion », poursuivent ces quinquagénaires aux casiers judiciaires bien remplis.
« Vous utilisez un pied-de-biche pour ouvrir. Mais c’est légal ? », ironise la présidente. Pour obtenir des réponses sincères, il faudra probablement attendre très longtemps. Elles n’arriveront jamais dans cette salle d’audience bondée. Le procureur requiert 30 mois de prison avec maintien en détention.
Jusqu’à deux ans de prison ferme pour les deux prévenus
Du côté de la défense, Me Mathilde Dumas s’efforce de minimiser la responsabilité de son client, assurant qu’une partie de l’équipe, la plus active, est toujours dans la nature. Son client écope de 24 mois de prison avec maintien en détention. Le client de Me Caroline Djelaoui est condamné à 10 mois de prison ferme assortis d’une interdiction de territoire français de 5 ans.
Les zones d’ombre d’un premier casse toujours en cours d’enquête
Le premier « casse » à 50 000 € n’a pas été évoqué lors des débats. Il pourrait pourtant être lié tant la méthode se ressemble. Pour ce premier fait survenu au début du mois de juillet, les investigations sont toujours en cours.













