Roman, sapeur-pompier volontaire à Colomiers, cumule 3 500 heures d’engagement par an, tout en étant infirmier libéral et père de famille. Malgré les risques et la fatigue, le trentenaire reste passionné par sa vocation, héritée de son père. Face à l’augmentation des incendies, il souligne l’importance de la mobilisation et de la reconnaissance des pompiers. On vous raconte son histoire.
À 33 ans, Roman Lautard cumule déjà près de quinze années d’engagement comme sapeur-pompier volontaire. Il exerce à la caserne de Colomiers, où il est même devenu responsable des volontaires. Mais sa vocation est née bien avant son premier départ en intervention : il a suivi les pas de son père. « J’ai grandi dans cette ambiance de caserne, avec les repas, les cérémonies, les camions qui partent… J’ai attrapé ce virus très tôt », relate-t-il.
3 500 heures sur l’année
Il est infirmier libéral et père d’un petit garçon de deux ans et demi. Un équilibre rendu possible grâce à une organisation millimétrée. « Quand on s’engage, c’est toute notre famille qui s’engage avec nous, décrit-il. Il faut en avoir conscience. » Son épouse connaît ses contraintes : les nuits écourtées, les départs ou renforts imprévus font partie de leur quotidien.
Au sein de sa caserne, professionnels et volontaires travaillent côte à côte. Roman y assure des gardes de douze heures, des périodes d’astreinte et se déclare disponible dès que son emploi du temps le permet. L’an dernier, il a cumulé près de 3 500 heures.
Malgré les risques, la fatigue et un investissement rarement visible du grand public, Roman ne recherche pas « une reconnaissance de la société ». « Je le fais parce que j’aime ça », indique-t-il. Il estime néanmoins que la profession mériterait davantage de considération, alors que les besoins restent immenses, notamment dans les centres de secours ruraux qui peinent à recruter.
« L’actualité fait peur »
Une réalité d’autant plus criante face au nombre croissant d’incendies qui mobilisent les secours chaque été. Comme beaucoup de collègues, Roman suit avec inquiétude la situation en Gironde, mais aussi dans le Var. « Ce qui nous touche énormément, ce sont les pertes humaines… se désole-t-il. L’actualité fait peur. Ce qui se passe est extrêmement violent. On voit des gens tout perdre, des camions de pompiers brûler, des collègues faire face à des situations pour lesquelles on ne peut jamais vraiment être formés. »
Sur son téléphone, des messages de recherche de renforts arrivent plusieurs fois par jour. « On est prêts à partir à tout moment », lance-t-il, tout en essayant de rester lucide : « On a envie d’y aller, d’aider les collègues. Mais il ne faut pas oublier que les interventions continuent partout ailleurs. Il faut aussi savoir se reposer, pour pouvoir continuer de servir tout au long de l’année. »















