Un projet de déménagement annulé à la dernière minute a fait basculer la vie de Dominique Morel. Depuis le 29 juin, cet ancien chef cuisinier de 70 ans est sans domicile fixe. Après avoir épuisé sa retraite en nuits d’hôtel et connu une hospitalisation, il lance aujourd’hui un appel pour trouver un hébergement d’urgence avant son entrée dans un logement prévue le 15 septembre.
« J’ai 70 ans et je me retrouve à la rue ». Cette phrase, Dominique Morel la prononce avec tristesse. Ancien chef cuisinier et chroniqueur gastronomique aujourd’hui retraité, le septuagénaire est sans domicile fixe depuis le 29 juin dernier. Ce jour-là, il rend les clés du logement qu’il occupait à Saint-Gaudens, au sud-ouest de Toulouse. Il devait rejoindre Strasbourg, où il avait autrefois tenu un restaurant. Mais tout bascule au dernier moment. « Le propriétaire m’appelle le jour même pour me dire qu’il ne loue plus. Je n’avais pas encore signé le contrat, je lui faisais confiance », raconte Dominique. En quelques heures, le retraité voit son projet de vie s’effondrer.
Un déménagement qui tourne au cauchemar
Sans logement, Dominique se retrouve du jour au lendemain sans endroit où dormir ni où entreposer ses affaires. Des amis lui proposent d’abord leur aide avant de se rétracter quelques heures plus tard. Il décide alors de rejoindre Toulouse, où il espère trouver davantage de solutions.
L’homme place alors ses effets personnels dans un garde-meuble puis compose le 115, le numéro pour bénéficier d’un logement d’urgence. « On m’a répondu qu’il n’y avait aucune place disponible ». Il se tourne également vers la Maison des Solidarités d’Amouroux-Bonnefoy, où un dossier est ouvert. « On m’a expliqué que cela pouvait prendre du temps. On me demande régulièrement des justificatifs que je n’ai pas avec moi, puisque je n’ai qu’un sac. »
Une situation d’autant plus éprouvante que Dominique est fragilisé par de lourds problèmes de santé. « J’ai fait un infarctus en 2019, une embolie pulmonaire en 2021, j’ai eu un cancer de la prostate en 2022, et je suis aussi diabétique », énumère-t-il.
« Je me retrouve à la rue parce que je ne peux plus payer l’hotêl »
Du 29 juin au 24 juillet, Dominique trouve refuge dans un hôtel Formule 1. « J’y ai dépensé toute ma retraite. Quand on additionne les nuits, l’argent part très vite », souffle-t-il.
Le 24 juillet, affaibli par la chaleur, il cherche un peu d’ombre aux abords de la gare Matabiau. C’est là qu’il fait un malaise. « Les pompiers et le Samu m’ont conduit à la clinique Pasteur. Je suis sorti ce mercredi. Je me retrouve à la rue parce que je ne peux plus payer l’hôtel. Le personnel de la clinique a été formidable. Ils m’ont gardé un peu plus longtemps après avoir appris ma situation, mais ils ne pouvaient pas me garder indéfiniment. »
« En attendant, je meurs dans la rue ? »
Aujourd’hui, Dominique sait qu’il pourra intégrer un studio à partir du 15 septembre. Mais d’ici là, il n’a aucune solution d’hébergement. S’il pourra à nouveau financer quelques nuits d’hôtel lorsqu’il percevra sa retraite, le 8 août prochain, l’homme est aujourd’hui contraint de dormir dehors. « En attendant, qu’est-ce que je fais ? Je meurs dans la rue ? À mon âge et avec mes problèmes de santé, je ne vais pas tenir longtemps comme ça. »
Malgré tout, Dominique tente de garder espoir. « J’essaie quand même de garder le moral mais ce n’est pas facile », conclut-il.













