Âgée de 15 ans, Khadija, élève de troisième à Castres, vient de décrocher son brevet des collèges avec la mention « bien ». Elle s’est pourtant vue refuser le droit d’accéder au Bac Pro. Motif ? Elle a suivi sa scolarité du collège en Segpa. Sa famille s’insurge contre cette décision. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce combat familial contre les barrières de l’orientation scolaire.
À 15 ans, Khadija vient de valider une étape importante de sa scolarité en obtenant le brevet des collèges. Et pas n’importe comment, avec la mention « bien ». Un résultat qui atteste des progrès de cette élève scolarisée en troisième Segpa (section d’enseignement général et professionnel adapté) au sein de l’ensemble scolaire Barral, à Castres.
Arrivée de Toulouse en cours d’année scolaire, elle bénéficiait auparavant d’un cursus partagé entre le circuit classique et la Segpa, ne suivant que les mathématiques et l’histoire en section adaptée. Ici, « c’était soit Segpa, soit général », explique-t-elle. La décision est prise alors de l’intégrer à la section adaptée à temps plein. Orientée initialement dans ce dispositif à la suite d’un retard accumulé dès le primaire et d’un redoublement en CP, elle regrette aujourd’hui la rigidité des passerelles : « Quand on entre en Segpa, c’est très compliqué d’en sortir. Même si on n’a plus forcément de difficultés, on reste bloqué par le retard par rapport aux autres classes. »

Pour compenser les écarts de programmes et préparer l’examen du brevet, Khadija et sa famille ont mis en place un suivi quotidien à la maison. En complément des cours, la jeune fille a bénéficié de séances d’orthophonie pour le langage et le vocabulaire, ainsi que de cours particuliers intensifs en mathématiques et en français. « Khadija a été accompagnée par des professionnels avec des cours renforcés pour combler ses difficultés. C’est grâce à ces accompagnements extérieurs à l’école qu’elle a réussi », note Houria, la maman.
Un travail personnel qui lui a notamment permis d’étudier de manière autonome des chapitres d’histoire non abordés en classe, à l’image de la décolonisation. Cependant, au moment des choix d’orientation pour l’entrée en seconde, un désaccord est apparu avec l’institution scolaire.
« Je trouve cette position très dommage de la part de l’éducation. Son devoir, c’est quand même de pousser nos enfants à grandir, à faire mieux, toujours plus, à les challenger »
Alors que la famille tablait sur une orientation en bac professionnel, le conseil de classe a émis un avis défavorable sur la fiche de liaison, préconisant une orientation vers un CAP. L’établissement s’est conformé aux textes réglementaires et décrets en vigueur. « Pour moi, c’est un scandale. Je trouve cette position très dommage de la part de l’éducation. Son devoir, c’est quand même de pousser nos enfants à grandir, à faire mieux, toujours plus, à les challenger », peste Jean-Luc, le beau-papa, depuis leur domicile familial, en pleines vacances scolaires estivales. « C’est injuste », appuie la maman.
Direction une école privée hors contrat
Face aux propositions de CAP dans les environs qui ne correspondaient pas au projet de l’adolescente, la famille a dû chercher des alternatives. C’est pourquoi Khadija a présenté sa candidature directement auprès de l’école technique privée hors contrat Studio M, située à Toulouse.
Pour l’adolescente, cette prochaine rentrée toulousaine représentera l’opportunité d’évoluer dans la filière artistique de son choix. Et ses proches d’assurer : « On sait qu’elle y arrivera, et on fera tout ce qu’il faut pour qu’elle y arrive, juste pour leur démontrer qu’ils ont eu tort. »















