Après 35 ans au service des foyers toulousains, Philippe Leclaire, fondateur de l’entreprise de plomberie-chauffage AGM, prend sa retraite à 61 ans. Retour sur le parcours d’un artisan engagé, pour qui chaque dépannage était d’abord une histoire d’écoute et d’humanité.
À 61 ans, Philippe Leclaire raccroche ses outils de plombier-chauffagiste. Une décision mûrie, mais chargée d’émotion pour cet artisan passionné qui aura consacré 44 années de sa vie au travail, dont 35 au service des Toulousains. Arrivé de la région parisienne en 1991, c’est en 1993, au moment même de la naissance de sa fille, qu’il décide de tenter l’aventure entrepreneuriale en créant AGM (Appareils Gaz Maintenance).
Au départ, un bureau dans la chambre
Les débuts sont héroïques : un simple bureau installé dans la chambre et des tracts distribués à la main dans les boîtes aux lettres pour se faire connaître. « Je suis parti de zéro, sans aucun client », se remémore-t-il. Son épouse, Valérie, rejoint vite l’aventure pour assurer l’accueil téléphonique et la gestion administrative, formant un binôme fusionnel indispensable au succès de la structure.
Au fil des ans, le sérieux et le sens du service de Philippe Leclaire font mouche. La très petite entreprise familiale se tisse un carnet de fidèles impressionnant : entre 600 et 700 clients réguliers, et plus de 6 000 foyers accompagnés au cours de trois décennies d’activité.
Bavard, empathique, profondément humain
Pour Philippe Leclaire, le métier ne s’est jamais résumé à de la simple intervention technique. Bavard, empathique, profondément humain, il a développé avec sa clientèle une relation de confiance rare. « Quand j’allais chez quelqu’un, j’étais en mission. S’il était en panne, il fallait que je trouve la solution », confie-t-il.
De la jeune femme enceinte devenue mère de famille au retraité isolé pour qui sa venue représentait l’unique visite du mois, il garde en mémoire le cheminement de vie de chaque foyer. Un engagement quasi affectif, illustré par les nombreux messages reconnaissants reçus dès l’annonce de son départ à la retraite par lettre.
La fin d’un modèle artisanal ?
Si Philippe Leclaire tourne la page non sans nostalgie, il ne cache pas une certaine amertume face à l’évolution du métier. L’alourdissement constant de la charge administrative, les méandres des dossiers de primes énergétiques et la prolifération de normes toujours plus complexes rendent la survie des petites structures très délicate face aux grands groupes. En juin, il a vendu son entreprise à la société Dhalluin-Lemoine. « Je suis content que mon employé Damien poursuive l’aventure au sein de cette nouvelle structure », précise Philippe Leclaire.
« Je pense qu’il était temps pour moi de m’arrêter », conclut-il avec lucidité. Désormais, l’artisan entend bien se poser, profiter de ses enfants, de sa petite-fille et prendre enfin du temps pour son autre passion : la restauration des vieilles voitures. Avec le sentiment du devoir accompli et le souvenir d’une vie professionnelle riche d’humanité. Ses clients lui disent merci.
















