Après avoir surveillé leurs victimes et minutieusement préparé leur intrusion, Ryan et Dylan avaient dérobé des montres de luxe et des bijoux dans le domicile d’une nonagénaire et de son fils, à Balma. Les deux frères ont été condamnés, ce mercredi 5 août, à trois ans de prison.
À plus de 90 ans, un domicile n’est plus seulement une adresse. Il est un repère, parfois le dernier. Pour Janine, cette certitude s’est effondrée un dimanche de novembre, lorsqu’elle a découvert sa porte forcée, ses affaires fouillées et les bijoux d’une vie disparus.
« À cet âge-là, on ne surmonte pas un choc traumatique de la même manière », a plaidé mercredi devant le tribunal correctionnel de Toulouse Me Johana Abraham, l’avocate des parties civiles. L’effraction avait atteint « le dernier endroit » où cette femme pouvait encore se sentir en sécurité. Les prévenus, Ryan et Dylan, deux frères tatoués encore dans la vingtaine, écoutent sans broncher. Ils reconnaissent le cambriolage.
Le 2 novembre 2025, Janine et son fils Christian avaient quitté leur logement de Balma pour déjeuner en famille. À leur retour, les barillets des serrures avaient été arrachés et les chambres fouillées. Une collection de montres de luxe et de nombreux bijoux avaient disparu. Le préjudice était estimé entre 350 000 et 400 000 euros.
Les deux frères avaient préparé leur opération pendant une quinzaine de jours. Ils avaient volé dans une boîte aux lettres le badge d’accès à la résidence, observé la serrure puis commandé sur Internet un extracteur de cylindre. Équipés de gants et de cagoules, ils avaient attendu le départ des occupants.
Des traces laissées
Dylan avait laissé son téléphone chez lui pour éviter d’être localisé. Mais les enquêteurs avaient retrouvé d’autres traces : recherches sur la valeur des montres, commandes d’outils, photographies du butin et calculs destinés à le partager en deux parts égales.
L’information leur était parvenue par l’entourage familial. Ryan effectuait des travaux chez le frère de Christian, où sa compagne intervenait comme auxiliaire de vie. Cette proximité lui avait permis de connaître les habitudes de la famille et l’existence de la collection, sans qu’une participation de la jeune femme soit établie.
Après le vol, plusieurs montres avaient été proposées sur Leboncoin ou revendues à des magasins spécialisés. Ryan avait utilisé son propre numéro de téléphone. Sur les photographies des annonces, les enquêteurs avaient reconnu les tatouages de ses doigts.
Des bijoux disparus
Il avait été interpellé le 6 décembre alors qu’il tentait de vendre une montre à un acheteur qui était en réalité un gendarme. Les perquisitions avaient permis de retrouver plusieurs dizaines de montres dissimulées sous la laine de verre des greniers des deux frères. Certains bijoux avaient été revendus, détruits ou retrouvés calcinés dans le barbecue de Ryan.
Une grande partie de la collection a pu être restituée. D’autres pièces ont définitivement disparu. Pour Janine, la perte était aussi sentimentale : certains bijoux étaient des souvenirs de famille ou de voyages achetés quarante ans plus tôt.
Le parquet avait requis deux ans de prison avec mandat de dépôt contre Dylan, dont le casier comporte huit mentions, et dix-huit mois contre Ryan, déjà condamné à deux reprises. Me Joséphine Marouby, qui a plaidé pour les deux frères à l’audience, s’est attachée à défendre leurs personnalités.
Le tribunal a finalement condamné les deux frères à trois ans d’emprisonnement. Ryan écope de deux ans de sursis probatoire et Dylan de dix-huit mois. Leurs peines fermes pourront être exécutées sous bracelet électronique. Ils devront travailler, suivre des soins, indemniser les victimes et ne plus entrer en contact avec elles.














