À la rentrée, c’est décidé, on se remet au sport ! Mais quelle activité choisir ? Dans cette série, nous testons différentes disciplines sportives pour vous raconter, de l’intérieur, nos expériences. Pour ce premier épisode, direction la pole dance, une activité aussi spectaculaire qu’exigeante, où force, gainage et persévérance sont indispensables. Mais attention, ça fait mal ! Reportage.
J’arrive avec une légère appréhension. Forcément, je ne me sens capable d’assurer immédiatement des figures la tête en bas, perchée sur des talons de 30 cm, comme dans les clubs de striptease. Mais je ressens aussi une grande excitation à l’idée de tester une discipline réputée aussi exigeante que spectaculaire. Heureusement, il s’agit d’un cours pour débutantes, et la barre ne sera pas mise trop haut…

Dans la salle, chacune sa barre, et un immense miroir nous englobe toutes. Après une bonne demi-heure passée à s’échauffer patiemment toutes les parties du corps, on empoigne enfin notre meilleure amie du moment pour tenter de s’enrouler autour d’elle. Fixée au plafond – ouf, ça a l’air solide -, elle pivote avec moi. Durant les jours précédents, il était déconseillé de mettre de la crème hydratante sur ses bras et ses jambes, afin de bien permettre à sa peau d’adhérer au métal. « Je vous préviens, les filles, la ‘pole’, ça fait hyper mal !, affirme d’emblée la prof. Demain, vous aurez des bleus partout. C’est le frottement de la barre contre la peau qui provoque ça, et les différents points de pression. Si vous avez trop mal, n’hésitez pas à faire une pause. »
Il ne suffit pas de tourner
C’est parti pour une première figure, sur la pointe des pieds. Je place ma jambe droite devant le mât, la replie autour, attrape la barre à deux mains et me lance. Très vite, je comprends qu’il ne suffit pas de tourner : il faut tenir. Bras, avant-bras, cuisses, abdos… tout le corps est sollicité. De l’extérieur, le mouvement semble facile. De l’intérieur, c’est une autre histoire. La pole dance demande de la force, du gainage, de la coordination et surtout une bonne dose de persévérance. Au bout d’un tour, je lâche.
Je me remets en selle, et je me lance plus fort pour aller plus loin. Un peu trop fort visiblement, puisque je ne maîtrise plus ma vitesse. Une erreur fréquente : « Si on est trop près de la barre, on prend de la vitesse. Lorsque vous partez en toupie, pensez à lâcher un bras, pour vous éloigner du centre de gravité, ça aider à ralentir », ajoute la prof. Sauf que lâcher un bras, c’est pas évident, ca signifie faire porter tout son poids sur l’autre, et on n’en est pas là.
Lutter contre le tournis
Je continue ma quête du mouvement parfait, impressionnée par les professionnelles qui gravitent dans ma mémoire, celles qui arrivent à assurer des shows sans effort apparent, et avec le sourire en prime. Autre désagrément de la discipline : le tournis arrive rapidement. « Sautez sur vos pieds, ça aide à le faire passer », conseille mon instructrice.
Ma main droite commence à être douloureuse. C’est parti pour un autre mouvement. Le pied droit pointé au sol en avant, j’effectue un quart de cercle autour du cylindre avant de m’enrouler, genoux serrés. Je pivote facilement et parviens même à renverser ma tête en arrière et lacher un bras en me rapprochant de la verticale. « C’est de suite beaucoup plus joli ! », me dit-on. La sensualité fait partie du jeu, mais elle n’est qu’une facette : ici, on peut aussi bien chercher la performance physique que l’élégance d’une chorégraphie.
Le dernier quart d’heure est libre : la musique monte d’un cran et chacune est invitée à s’entraîner comme elle le souhaite, et même à se filmer. J’enregistre donc pour la postérité mes performances fraîchement acquises, pour prouver que oui, j’en ai été capable, mais que je reste encore très loin de la fameuse figure du drapeau. Comme promis, le lendemain, les « pole kisses », les hématomes, font leur apparition, derrière le genou et sur le coup de pied. Finalement, « la pole », c’est peut-être moins une affaire de sensualité que de dépassement de soi.











